ENFANTS
Et ma cousine Mignonne, A qui j'apprends à parler, ' Du haut des bras de sa bonne Boude, en me voyant aller.
Pauvre enfant ! Qu'elle est gentille Quand elle pleure après moi !
J'en fais ma petite fille ; Je la baise comme toi,
Lorsque, me voyant méchante, Tu chantais pour me calmer.
Je la calme aussi ; je chante Pour la forcer de m'aimer.
Et puis, maman, je suis forte, Bon papa te le dira.
Son grand fauteuil, à la porte.
Sais-tu qui le roulera ?
Moi! c'est sur moi qu'il s'appuie Quand son pied le fait souflFrir ; C'est moi qui le désennuie Quand il dit : « Viens me guérir ! >
O maman, je te regarde Pour apprendre mon devoir, Et c'est doux d'y prendre garde Puisque je n'ai qu'à te voir.
Quand j'aurai de la mémoire, C'est moi qui tiendrai la clé.
Veux-tu, de la grande armoire Où le linge est empilé?
Nous la polirons nous-mêmes De cire h la bonne odeur; O maman, puisque tu m'aimes, Je suis sage avec ardeur !
Nous ferons l'aumône ensemble Quand tes chers pauvres viendront.
Un jour, si je te ressemble, Maman ! comme ils m'aimeront !
Je sais ce que tu vas dire ;
Tous tes mots, je m'en souviens.
Là, j'entends que ton sourire
Dit : «Viens m'embrasser! » Je viens