ENFANTS
L'tnfant.
5fa colombe ! . . .
Le faneur.
Ah ! ma foi, ta colombe est guérie.
Elle nous rendait sourds à force de gémir. Elle avait fait son temps. Toi, tu pourras dormir
Ou gambader par la prairie.
Va courir, va! Sèche tes pleurs !
L'enfant.
Hier elle essayait de me tendre les ailes. Le faneur.
Hier n'est plus. L'air bleu fourmille d'étincelles. Et les buissons sentent les fleurs.
L'enfant.
Le monde est tout changé!
Le faneur.
Le monde va de même; Pourquoi ne prends-tu pas ce qu'il met devant toi?
Pourquoi lui demander ce qu'il n'a plus? Pourquoi Pleurer un vieil oiseau ?
Uevfant.
Je l'aime.
Le faveur.
Viens en chercher un autre; il en pleut dans les blés. On marche sur des nids, puis on en trouve encore. Dieu le veut : des oiseaux sont toujours près d'éclore
Quand les oiseaux sont envolés.
Viens voir dans les sillons! . . .
U enfant. .
Non, j'attends ma colombe.
Ma colombe viendra tous les soirs, tous les jours. Elle était ma colombe, et je la veux toujours ! Vois-tu ce tas de fleurs? c'est sa petite tombe; J'y reste.
Le faneur.
Pourquoi faire ?
Uevfant.
Oh ! pour la voir venir.
l'JO ENFANTS
Faneur, ne sais-tn pas qne rien ne doit mourir?
Le faneur.
Ce serait beau, mais quoi! . . .
Uenfant.
Sois-en sûr! C'est mon père Qui me dit de le croire et qui veut que j'espère.
Le faneur.
J'en vois voler vers nous
Uenfant.
Adieu, faneur, adieu.
Le faneur.
Tu ne veux pas les prendre?
Uenfant (qui s en va).
O ma colombe! ô Dieu !
ET JEUNES FILLKS 221