DE COWPER
Cj/ETTE rose, ravie aux roses du jardin, Par l'ondée orageuse avait été touchée.
On eût dit que des pleurs inondaient son beau sein, Et sa tête chai-mantc était iiâlc et ponehée.
]\roî, pour vous rapporter dans ses vierges appas. Je l'enlevai tremblante à sa verte patrie; Mais j'atteignis son cœur imprudemment, hélas ! Et je la vis tomber toute morte, ô Marie!
1 On sait que celle rose était une jeune esclave qui mourut d'avoir été maltraitée.
J'en plaignis chaque feuille Inutile pitié !
Qu'importe au cœur brisé votre tardif hommage! Ainsi tombe des fleurs la plus frêle moitié. Chagrins silencieux, n'est-ce pas votre image ?
Un jour de plus, Marie, elle eût brillé pour vous, Par le divin secours d'une innocente adresse ; Car le sourire encor peut renaître plus doux Sous des pleurs qu'on essuie à force de tendresse.