‹ Poésies de Sainte-BeuveChapitre 12 sur 39 · QUI EST A DIEPPE · texte numérisé non relu

QUI EST A DIEPPE

D’ici je tous voyais en fauteuil sur la plage , Roulant, assise et reine „ aux flots que vous rasez , ~ Et la vague, baisant vos pieds tranquillisés,

Venait se plaindre , hélas ! de leur lent esclavage.

Et , si l’une arrivait grosse et d’un air d’orage ,

Ce bras, qui parle encor lorsque vous vous taisez , Plus beau des mouvemens à vos pieds refusés,

D’un geste l’abattait en écume volage.

Mais je ne songeais pas au bel enfant Roger,

Qui , comme un page en feu qui protège une reine, Va canonner la vague, et, parant le danger,

Triomphe et rit; — et vous , heureuse dans la peine, Une larme en vos yeux, devant la mer lointaine , Sur la mer du passé vous êtes à songer 1

Paris , août.

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