‹ Poésies de SchillerChapitre 111 sur 258 · U RENCONTRE · texte numérisé non relu

U RENCONTRE

Je la- vois encore. Elle était là, au milieu de ces femmes, la pins belle de toutes; elle était douce à contempler comme un riant soleil. Je la regardais de loin et n'osais m'approcher. Devant cet éclat majestueux j'éprouvais un effroi plein de délices ; mais, tout à coup saisi d^un transport nouveau, je fis résonner les cordes de la lyre.

Je cherche en vain ce que j'éprouvais, ce que je chantais alors. Je trouvais en moi un organe ignoré, qui exprimait les saintes émotions de mon cœur. Longtemps enchaînée, mon âme brisait tout à coup ses liens et faisait entendre les sons célestes et inespérés qui jusque-Ik donnaient dans mon sein.

Et lorsque ma harpe cessa de retentir, lorsque je revins à moi-même, je vis TÂmour sous des traits Angéliques en lutte avec une sainte pudeur, et il me sembla que j'avais conquis le ciel, quand j'entendis ces douces et légères paroles (oh ! je les entendrai encore, résonner dans le chœur des esprits célestes) :

« Je connais le cœur fidèle qui se torture sans con-

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solatioD, qui dans sa modestie résignée n'ose se révéler. Je connais sa yalear secrète qu'il ignore tuimôme. Je veux venger ce noble cœur. Que la plus belle récompense soit donnée à celui qui souffre. L'amour peut seul cueillir les fleurs de Tamour, et le trésor le plus' précieux appartient au cœur qui peut l'apprécier et le rendre. »

DITEYRAMBE

Jamais, croyez-moi, jamais les Dieux ne se montrent isolément. Apeinesuis-jeavecBacchusle joyeux, que voici venir Amour, le riant enfant, et Phœbus le superbe. Ils approchent, ils viennent, les êtres célestes. La retraite terrestre est pleine de Dieux.

Dites-moi, comment recevrai-je, moi, enfant de la terre, le chœur céleste? Accordez-moi, 6 Dieux, votre vie éternelle. Quels dons pourrait vous offrir le simple mortel ? Élevez-moi jusqu'à votre Olympe. La joie n'habite qu'auprès du trône de Jupiter. Oh ! donnezmoi la coupe pleine de nectar.

<c Hébé ! donne la coupe au poëte, baigne ses yeux de la rosée céleste, afin qu'il ne voiepasle Styie maudit

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