‹ Poésies de SchillerChapitre 143 sur 258 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

raient obtenir de leur empereur les mêmes résuUats par les mêmes moyens. i

En 1613, à la diète de Ratisbonne, la première de son règne, Mathias voulut demander des subsides pour continuer la guerre contre la Turquie et contre Bethlen Gabor , qui ,* soutenu par la Porte , s'était fait nommer souverain de la Transylvanie , et cherchait à 6*emparer des plus belles provinces hongroises. Mais, sans lui don ^ ner le temps d'exposer ses embarras, les protestants TassaiUirent de demandes aussi nouvelles qu'inattendues. Les décisions de la diète se prenaient toujours à la pluralité des voix, et assuraient d'avance la majorité au parti catholique, même dans les cas fort rares où les protestants étaient complètement unis entre eux; ils se crurent donc autorisés à demander l'abolition d'une règle, par laquelle le droit accordé à -la réformation d'envoyer des députés à la diète n'était plus qu'une vaine formalité.

A cette réclamation ils joignirent des plaintes contre le conseil aulique, toujours prêt à opprimer les protestants, et déclarèrent formellement qu'ils ne prendraient part aux délibérations qu*après avoir obtenu justice sur tous ces points. Cet incident divisa la diète et flt naître des craintes sérieuses sur l'avenir de la constitution germanique.

' InTitant , quoique de loin, la sage politique de son père Maximilien II, Mathias avait conservé jusque-là ie3 apparences de rimparlialitc envers les deux partis religieux. Les protestants venaient de le mettre dans la nécessité de faire un choix d'autant plus dangereux, que sa position lui rendait indispensable l'appui de tous les membres de la diète, et qu^en se déclarant pour une fraction, il ne pouvait manquer de perdre les voix de l'autre. Les troubles qui agitaient toujours ses £tats héréditaires lui imposaient la nécessité d^éviter,

à tout prix, une guerre ouverte avec les protestants ; et cependant il ne poui^ait leur accorder la plus légère faveur, sans s'exposer aux inimitiés des catholiques et à la colère de Rom^ et de TEspagne. Une situation aussi critique aurait embarrassé un génie plus vaste que celui de Mathias; heureusement pour lui/ TiB térêt des catholiques se trouvait fortement lié au sier ; les souverains ecclésiastiques surtout» avaient besoi t de l'appui de son autorité contre les attaques perpétuelles des princes protestants. Ils s'empressèrent donc de mettre un terme aux hésitations de Mathias, en lui révélant une partie des secrets de la Ligue ^ de ses desseins et de ses ressources.

Ce monarque ne se dissimula point tout ce qu'il y avait de menaçant pour Tautorité impériale dans une . pareille association ; mais, pour l'instant du moins, elle pouvait le servir contre les protestants; 11 rejeta donc toutes leurs réclamations, et la diète se sépara sans avoir rien décidé. Le premier effet funeste de cette démarche retomba sur lui-même, car les protestants lui refusèrent les subsides qui lui étaient si nécessaires. Par bonheur,* la Turquie se montra disposée à prolonger la trêve, et Bethlen Gabor parut se contenter de la conquête de la Transylvanie, dont on le laissa paisible possesseur.

Mathias n'avait donc plus rien à redouter du dehors, et au dedans la paix se maintenait en dépit des nom* breuses divisions que le plus léger prétexte pouvait faire dégénérer en révolte ouverte. Quant à la succession de Juliers, un incident imprévu venait de lui donner un caractère nouveau. Un mariage entre le comte palatin de Neubourg et la fille de l'électeur de Brandebourg devait confondre à jamais l'intérêt de ces deux maisons ^ déjà unies par la possession commune du duché de Juliers. Mais ce projet fut renversé par un soufflet que»

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