‹ Poésies de SchillerChapitre 48 sur 258 · LE COMTE EBERHART DE WURTEMBERG · texte numérisé non relu

LE COMTE EBERHART DE WURTEMBERG

Cette affaire lui pèse sur le coeur et lui fatigue le ceneau. « Ab ! coquins, attendez! n Par la barbe de son père, il veut réparer cette défaite; il prendra sa revancbe sur ceux de Stadtler.

La guerre est déclarée. Les cavaliers en grand nombre se rassemblent près de Doffing, et le jeune hommea Tâme joyeuse. « Hourra ! » s*écrie-t-il, et TaiTaire fut cbaude.

La bataille que nous avions perdue devait celte fois nous servir. Le souvenir de cette bataille fait bouillonner notre sang, et nous emporte comme le vent au milieu des lances épaisses.

Le fils du comte, avec une colère de lion^ balance son arme de béros ; devant lui est le tumulte, derrière lui les pleurs et les gémissements, autour de lui le tombeau.

Mais, malheur ! un coup de sabre lui tombe sur la télé. Auprès de lui les guerriers accourent en toute bite; c'est en vain, c'est en vain, son corps seroidit, son regard s'éteint.

La douleur arrête le cours de la victoire ; amis et ennemis pleurent à la fois. Mais le comte dit aux chevaliers : a Mon fils n'est pas plus qu'un autre ; marchez à Tennemi. »

Les lances étincellent, la vengeance excite le cou-

rage. La terre est jonchée de cadavres. Les gens de Stadllcr courent à droite et à gauche, dans les bois, sur la montagne, dans les rallées.

Au son du cor, nous revenons gaiement dans notre camp. Femmes, enfants dansent, chantent autour de nous et célèbrent, la coupe en main, notre succès.

Mais le comte... que fait-il P Dans sa tente il est assis seul, en face de son fils mort, et une larme brille dans ses yeux.

Yoilà pourquoi nous sommes fidèlement et de cœur attachés au comte notre seigneur. Lui seul vaut une armée d& héros. Il est Tétoile du pays, et le tonnerre est dans son bras.

Vous donc qui de par le monde faites les fanfarons, sachez que le pays de Souabe a produit maint homme et maint héros, sage dans la paix et fort dans les combats.

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