‹ Poésies de SegraisChapitre 79 sur 92 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

Il ne connoît personne, ni lui-même; Tout est Médor pour lui dans son transport extrême,

La Jalousie et ses serpens

Le livrent à la frénésie

Qui ne lui laisse nul repoj, Et peu de jours termineront sa vie.

NEBELON.

Hélas ! c'étoit à ce héros Que le Destin, jaloux de notre gloire, Attacha la victoire.

Du ciel, dans ses malheurs.

Révérons la justice :

Amoiu- a fait son crime, Amour fait son supplice. Au moins, pour calmer ses douleurs, Allons chercher et consulter Mélisse.

AIMON

Cette charmante nymphe est la droite raison ; C'est la sagesse même; Seule elle peut causer la guérison D'un mal cavisé par un amour extrême.

ASTOLFE

Un remède excellent,

Et peut-être l'unique.

Ce seroit qu'Angélique Quittât le beau Médor pour le brave Roland; Mais ce remède est difficile.

Pour toucher vin cœur enchanté Par la jeunesse et la beauté.

Que la valeur est inutile !

Vous cherchez la raison, hélas!

Elle s'offroit partout, elleétoit importune;

Elle a cédé le monde à la Fortune ,

Lasse de voir qu'on ne l'écoutoit pas :

On ne la trouve plus que dans les solitudes.

KEBELO>'.

Il me semble que je la vois Pleine d'inquiétudes.

Laissez-moi lui parler à l'ouibre de ces bois.

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