ACTE CINQUIEME
Il ne connoît personne, ni lui-même; Tout est Médor pour lui dans son transport extrême,
La Jalousie et ses serpens
Le livrent à la frénésie
Qui ne lui laisse nul repoj, Et peu de jours termineront sa vie.
NEBELON.
Hélas ! c'étoit à ce héros Que le Destin, jaloux de notre gloire, Attacha la victoire.
Du ciel, dans ses malheurs.
Révérons la justice :
Amoiu- a fait son crime, Amour fait son supplice. Au moins, pour calmer ses douleurs, Allons chercher et consulter Mélisse.
AIMON
Cette charmante nymphe est la droite raison ; C'est la sagesse même; Seule elle peut causer la guérison D'un mal cavisé par un amour extrême.
ASTOLFE
Un remède excellent,
Et peut-être l'unique.
Ce seroit qu'Angélique Quittât le beau Médor pour le brave Roland; Mais ce remède est difficile.
Pour toucher vin cœur enchanté Par la jeunesse et la beauté.
Que la valeur est inutile !
Vous cherchez la raison, hélas!
Elle s'offroit partout, elleétoit importune;
Elle a cédé le monde à la Fortune ,
Lasse de voir qu'on ne l'écoutoit pas :
On ne la trouve plus que dans les solitudes.
KEBELO>'.
Il me semble que je la vois Pleine d'inquiétudes.
Laissez-moi lui parler à l'ouibre de ces bois.