‹ Poésies diverses. Avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 27 sur 106 · A M. DE LA MARCHE · texte numérisé non relu

A M. DE LA MARCHE

Premier président honoraire du Parlement de Bourgogne le jour qu'il eut soixante- dix ans

OUI, Fontenelle avoit raison^ Et vous confirmez son adage, De nos ans i'arrière-saison Commence le printemps du sage; C'est l'aurore de son bonheur; Caché dans un coin de la terre Et content d'être spectateur, Il y voit, comme du parterre, La scène dont il fut acteur.

Assis au port, il voit l'orage; Sur la mer de l'ambition Il voit les fous faire naufrage, Et notre jeunesse volage Se livrer à l'illusion, Douce compagne du bel âge.

Chevalier de Bonnard.

Tranquille au sein de l'amitié, La longue chaîne des chimères Qui bercent nos têtes légères Lui paroît digne de pitié.

Mais instruit par l'expérience.

Songeant au passé sans rougir.

Il nous voit avec indulgence Et plaint l'homme sans le haïr.

Sur le théâtre de la vie Vous parûtes avec éclat; L'homme se doit à la patrie, Vous avez vécu pour l'Etat :

Vivez aujourd'hui pour vous-même; Après tant d'austères travaux.

On goûte le bonheur suprême De la retraite et du repos.

Joindre l'utile à l'agréable.

Partager ses loisirs heureux Entre les plaisirs vertueux Et ce que les arts ont d'aimable.

Encourager tous les talents.

Sur l'infortune et l'industrie Étendre ses bras bienfaisants, Faire aux laboureurs indigents Connoître l'amour de la vie.

Instruire, orner l'humanité Par ses écrits, par ses exemples :

Au^ beaux ans de l'antiquité, Vous auriez mérité des temples.

Qui peut comparer son printemps

A celui de votre vieillesse?

Vous nous cachez vos cheveux blancs

Sous les roses de la sagesse.

O vous, dont l'esprit nous séduit, Digne rival de Fontenelle, Suivez en tout votre modèle, Et vivez cent ans comme lui !

VERS

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