‹ Poésies diverses. Avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 69 sur 106 · AU COMMENCEMENT DE L ANNEE · texte numérisé non relu

AU COMMENCEMENT DE L ANNEE

SI dans ce jour anniversaire, J'avois quelques vœux a former, J'en ferois pour l'amant sincère Occupé de se faire aimer ; Pqur la tendre et jeune bergère Qu'un secret penchant vient charmer, Qui craint, hésite, délibère, Veiit et ne veut pas s'enflammer; Contre ce vieux atrabilaire Aux sens flétris, au cœur glacé, Prôneur ennuyeux du passé.

Blâmant ce qu'il ne peut plus faire ; Contre ces malheureux époux Qui, ne sachant point l'art de plaire.

Osent pourtant être jaloux...

Ne désirant qu'avec sagesse, A celle-ci j'aurois voulu

i8o Chevalier de Bonnard.

Pouvoir donner plus de vertu, A celle-là plus de foiblesse; Aux uns moins de légèreté, Aux autres moins de suffisance, A tous plus de sincérité, Moins d'esprit que de vérité, Plus de candeur que d'éloquence.

Plus d'amour que de vanité.

Mais dans la longue kyrielle Des vœux qu'on peut faire en ce jour, Voici ceux qu'en sujet fidèle J'adresse en secret à l'Amour :

« Avec bonté daigne m'entendre, Dieu puissant, dont je suis la loi; Mon cœur ambitieux et tendre N'eut jamais plus besoin de toi.

L'unique objet de ma tendresse.

Celle que j'aime pour jamais, Amour, dis-moi, tu la connois, Tu connois cette enchanteresse.

Son doux sourire, ses appas, Sa voix touchante, sa jeunesse... Eh bien ! Amour, ne permets pas Qu'un autre que moi l'intéresse !

Près d'elle viens me seconder !

Puissé-jc, l'occupant sans cesse, Lui plaire, la persuader, La pénétrer de ton ivresse, La conquérir et la garder »

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