‹ Poésies diverses. Avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 82 sur 106 · I. Almanacit des Muses · texte numérisé non relu

I. Almanacit des Muses

202 Chevalier de Bonnard.

Le Temps, avec ses doigts crochus, Commence à me rogner les ailes.

Par mes vingt-neuf ans averti Qu'il faut tâcher d'être fidèle, Je prends sagement mon parti; Et même j'y mets tout le zèle, Qu'en sa religion nouvelle Apporte un nouveau converti.

Je cherche quelque honnête femme Dont l'esprit sache m'attirer, A qui je puisse croire une âme, Qui me laisse un peu soupirer Avant de se rendre à ma flamme.

Et veuille longtemps m'adorer.

Ah ! si je puis la rencontrer, La beauté que mon cœur appelle (Pardonnez mon jaloux travers Et ma crainte assez naturelle), Je ne vous mène point chez elle, Et ne lui montre point vos vers.

VERS

Au 7iom d'une tnère a son fils, pour h nouvel an,

eti lui faisant présent

d'ouvrages de tapisserie faits par sa sœur '

LA politesse mensongère, Ses grands mots, son zèle et ses vœux Sont une étrenne assez légère ; Une maman doit donner mieux.

Tous les propos de bonne année, Avant la fin de la journée, Seront bien loin de votre esprit ; Mais vous vous souviendrez, je gage, De la main qui fit cet ouvrage Et de celle qui vous l'offi'it.

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