‹ Poésies diverses. Avec une notice biobibliographiqueChapitre 29 sur 52 · Par La Harpe · texte numérisé non relu

Par La Harpe

2. L'Académie renvoya à rannéc 1773 le prix de poésie qui devait être adjugé en 1772 ; mais parmi les pièces envoyées au concours de cette année, elle en distingua deux par des mentions lionorabies.

ce coqjs, fait pour donner l'exemple du bon goût, encourage tous les deux ans nos auteurs à s'affranchir du joug de la rime, oubliant que jamais mauvais rimeur ne fut un bon poëte; que le célèbre Fontenelle, qui connaissoit parfaitement les licences permises à la poésie, se plaignit autrefois à l'Académie assemblée des mêmes abus que je lui reproche aujourd'hui. MM. Marmontel, d'Alembert, ont bien écrit que Boileau n'a ni verve, ni fécondité ; que Racine, en peignant l'amour, parlait plus en jnétaphysicien qu'en homme sensible ; que Rousseau ne faisait que des vers. Telle est leur opinion; on leur pardonna de l'avoir exposée : n'aurois-je donc pas le même privilège? Revenons à mon ouvrage.

Plusieurs gens de lettres d'un grand mérite m'ont paru trouver le sujet vicieux. Ils peuvent avoir raison; mais l'Académie n'a point dû rejeter ma pièce par ce motif. X'a-t-elle pas couronné le Poëte ^ ? Cette épître et la mienne ont le même fond. L'auteur, dans l'une, promet à son ami de lui tracer les caractères du poète ^ .• dans l'autre, le poëte se peint luimême. Je l'ai supposé malheureux pour donner à mon ouvrage un autre mérite ; et ma pièce en effet a cet avantage sur celle de mon antagoniste, qu'elle a un ijitérêt plus général, parce que le nombre des poètes est bien moindre que celui des infortunés. Au reste, je prie M. de La Harpe d'assurer dans son

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