‹ Poésies diverses; Coups d'aile et coups de becChapitre 27 sur 91 · SOYEZ HEUREUX · texte numérisé non relu

SOYEZ HEUREUX

Air: Foyez cette modeste p terre .

Le Temps s'enfuit à tire-d'aile, Et ce vieux squelette ambulant, Parcourant la voûte éternelle, Nous ramène le jour de l'an.

Pendant qu'on s'embra'se à la ronde, Pour les mortels formant des vœux.

Moi, je viens dire à tout le monde :

Dieu vous garde, soyez heureux !

Dans des équipages splendides.

Se pavanent les opulents, Lorsque sous des haillons sordides.

Le pauvre se traîne à pas lents.

Pour bien célébrer cette fête, Riches, montrez- vous généreux.

Que chaque indigent vous répète : ) Dieu vous garde, soyez heureux ! )

Quand de plaisir ton cœur pétille, Jouvencelle au regard si doux, Tu fais rager la vieille fille, Que le sort prive d'un époux, Sans t'occuper de ?es tortures, Tu songes à ton amoureux.

Pour vos épousailles future^, j

Dieu vous garde, soyez heureux ! ;

bis

Vous, malheureux célibataires.

Ennemis jurés des poupons ;

On sait que vos mœurs trop austères

Vous font toujours fuir les jupons.

Pourtant moi, je serais bien aise

De vous voir de petits morveux,

Pour en élever quinze ou seize, )

i bis Dieu vous garde, sovez heureux

Jôi.

Vieillards en proie à la misère.

Enfants par le froid engounlis,

Groupés auprès de votre mère,

Qui grelotte dans son taudis,

Vous que le malheur importune.

Consolez-vous : du haut des Cieux

L'Eternel voit votre infortune, )

> bis Dieu vous garde, soyez heureux ! >

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