‹ Poésies diverses; Coups d'aile et coups de becChapitre 53 sur 91 · C'EST LÉGER · texte numérisé non relu

C'EST LÉGER

Air : De Véchaude.

Quand de près on examine Le discours trop envergué, Aussitôt on élimine Le pathos trop prodigué.

Ça suinte la redondance,

J 64 TERREA-TERRK

On aurait pu l'abréger, Mais, pour de la vraisemblance, Il n'en faut pas exiger Mettez ça dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Chacun dit : Quelle logique !

C'est un discours sérieux.

Mais pour peu qu'on le critique, On n'y trouve que mots creux.

Dans sa crasseuse ignorance.

L'orateur croit nous juger; Il ment avec assurance Et ne fait que patauger.

Mettez-le dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger ; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Mousseau fait la propagande Pour être élu député ; Il croit que la fée Urgnnde Va lui donner un comté.

Des Castors la turbulence Lui fait courir un danger,

c'est léger 165

Car malgré sa corpulence,

On pourrait le déloger.

Mettez-le dans la balance,

C'est léger, léger, léger, léger, léger ;

C'est léger, léger,

C'est léger, bien léger.

Il dit que ses adversaires.

Par les Castors suscités.

N'ont jamais été sincères Et ne sont pas redoutés.

Froissé de cette insolence.

Décary, pour se venger, Sur le gros Mousseau s'élance Et jure de l'égorger.

Mettez-le dans la balance, C'est léger, léger, léger, léger, léger ; C'est léger, léger, C'est léger, bien léger.

Montréal, 18 septembre 1883

KANTAMPLAN

Lorsque d'un vau deville immenpe

Eêvant de trou ver un sujet,

Je cherche un air pour une stance,

J'suis tout entier {bis) à mon projet.

Dès qu'on me four nit la matière,

Je chante et ri... me de travers.

Ah !

Je veux écri.,.re à ma manière Et pour les goûts... (bis) les plus divers Errant en plan... {(er) tant là grammaire Moi j'ai les goûts... [bis) les plus divers.

Quand le gros Mou...sseau se démène, Et que Déca...ry d'vient furieux.

Plus d'un écri...vain les malmène Ou se fait mal... (bis) mener par eux. Ah tu fus mé... connu nagière, 0 pauvre Cha...pleau, mais vraiment, Ah!

RANTAMPLAX 167

La chasse, ora...teur vaut la guerre ; Tu n'as qu'à ca... (bis) cher ton tourment Errant en plan {ter) tant là galère, Tu n'as qu'à ca. {bis i cacher ton tourment.

Voyez VEten...dard qui fulmine

Et dit à Mer..,cier : *' Viens à nous,

" Car demain sau...tera la mine,

" Demain verra... (6 /s) les bleus à g'noux.

" Déjà le tam*...bour bat la marche,

" Mais, dit la Mi...nerve, aussitôt:

Ah!

" Voyez Cauchon**.. .et la démarche " Qu'il fit en fa... (bis) veur de Mousseau ; " Errant en plan... (ter) ton hors de l'arche, " On vit Cauchon... \bis) v'nir à Mousseau.

" J'ai trop été,... poursuit la vieille, " Mère de vos... obscurs débuts, " Et si je pus... faire merveille, " Serait-ce en flan... (bis) quant aux rebuts, " D'anciens servi... teurs bien utiles " Qu'on leur dit :— Meur...tri8 ton vieux sein ? Ah!

* Le Temj)s, journal libéral était alors publié. ** M. Cauchou, un ancien libéral du comté de Jacques- Cartier venait de se prononcer en faveur de M. Mousseau.

168 TBRRE-A-TERRE

" Avec des pré... textes futiles, "On vient oppo...(6is) ser mon dessein.

'' Errant en plan... {ter) tons trop hostiles, " Venez pour y... (bisi meurtrir mon sein.

Montréal, 25 septembre 1883.

LA LIZETTE DE " L'ETEXDAKD."

Air : 0 via tendre Musette.

0 ma tendre Lisette, Lisette à V Etendard, Toi qui dans la gazette Sciais comme un godendard, As-tu quitté la plume Pour prendre le mousquet, La varlope ou l'enclume ?

Que devient ton caquet ?

A ta vigueur de style Quand tu t'abandonnais, On devenait hostile A ce que tu prônais.

Ta prose trop légère Ecrasait le journal ; A toi le grand vicaire Préféra Juvénal. *

* Juvéïial, était le nom de plume de l'un des collaborateurs de V Etendard.

Plein d'ardeur juvénile.

Ce jeune homme écrit bien ^ Admirateur servile D'Alphonse le Prussien, De la Sainte- Alliance Et du vieux drapeau blanc, Il voudrait voir en France Acclamer le hulan. **

O, ma vieille Lisette, Ramène les beaux jours Viens rendre à ta gazette Tes onctueux discours.

Dis-nous quelles prié res T'offrent le plus d'attraits.

De tes vertus austères Cite nous quelques traits,

Moi j'admirais, Lisette, Ton style original Où perçait la disette D'esprit. Le saint journal, Pourvu qu'il nous endorme D'un sommeil bien profond, Peut négliger la forme Aussi bien que le fond.

•• Le roi Alphonse d'Espugnci nommé récemment colonel' de hulans venait d'être sifHé à l'nris.

LA LIZETTE DE "l" ÉTENDARD" 171

On siffle d'importance Un hulan, faux Bourbon, Mais, voulant à distance Rendre \e faubourg bon, Juvénal, en furie, Défend le roitelet, Quand le peuple injurie Bismaik et son valet.

Cette grande colère Nous laissera bien froids, Car nous n'avons que faire Du droit divin des rois.

Des groupes faméliques Le cynisme éhonté Sait investir les cliques Du droit de royauté.

Du fond de leurs boutiques, Prétendant gouverner.

Des farceurs politiques Cherchent à nous berner.

Cette engeance flétrie Veut, par d'obscurs détours, Livrer notre patrie Aux serres des vautours.

Montréal, 9 octobre 1883.

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