‹ Poésies diverses; Coups d'aile et coups de becChapitre 78 sur 91 · LA PLAQUE DE SAINT-HENRI · texte numérisé non relu

LA PLAQUE DE SAINT-HENRI

Serait on maire ou conseiller, Avocat, bedeau, marguillier,

La plaque Qui décore ce monument Est implacable du moment

Qu'on plaque Son nom dessus. Sans m'opposer A tous ceux qui voudraient poser

Des plaques, Je dis qu'il faut être bien sûr D'avance de ce qu'on met sur

Les plaques.

Les électeurs de St-Henri, Qui regardaient d'un air marri

La plaque.

Disaient en voyant tous ces noms ; Ça s'ra drôl' si nous retournons

La plaque ; Sur le verso nous graverons :

Hôtel de- Ville, et nous verrons

La plaque Vierge de tout nom d'abruti ; On n"diia plus : Elle a menti

La plaque.

On a vu les élections Justifier ces prétentions. ^

La plaque N'a pu tenir ; ceux qui l'ont mis Voient aux mains de leurs ennemis

Leur plaque ; On l'a retournée à l'envers, C'qui fait qu'j'illustre par mes vers

La plaque ; C'n'est pas un sujet bien fécond, C'est peu tendre et c'est peu profond,

La plaque.

On accueille par des lazzis Les guerriers armés de fusils

Sans plaques.

Les plaques ont leur beau côté Mais, on conçoit la vanité

Des plaques, Lorsquon les voit changer de bord.

Pour cacher c'qu'ell's montraient d'abord.

Qu'on plaque Des noms autant que l'on voudra, Jamais le public ne croira

La plaque.

Page 1