‹ Poésies diverses; Coups d'aile et coups de becChapitre 88 sur 91 · POUR UN CLUB DE RAQUETTE · texte numérisé non relu

POUR UN CLUB DE RAQUETTE

En costumes brillants, Nous bravons les frimas ; Les crissaux scintillants Gémissent sous nos pas.

Lorsque, le nez au vent, La cohorte s'ébat, Sur l'édredon mouvant La raquette s'abat.

Ottawa, janvier 1888.

IL NE M'.iBREUY'EA PAS

Air : Il ne reviendra pas.

Il m'abreuvait, il m'app'lait sa vieil' branche, Et, vieux pocliard, je n'empruntais qu'à lui, Qu'il était beau quand, le poing sur la hanche, Il me disait : Veux-tu boire aujourd'hui ! Un jour, hélas ! la dèche impitoyable Vint subito l'arracher de mes bras ; Pour étancher ma soif épouvantable, J'ai vidé son gousset, il ne m'abreuv'ra pas ! [bis)

Il était gras, jamais plus belle trogne

N'avait lancé rayons plus fulgurants ;

J'aimais à voir sa figure d'ivrogne

Lorsqu'il versait le whiskey par torrents.

J'ingurgitais, éponge insatiable.

Je le suivais, m'attachant à ses pas.

Même aujourd'hui, je le suivrais au diable.

J'ai vidé son gousset ; il ne m'abreuv'ra pas ! \bis)

Il']"' IL NE M'aBREUv'rA PAS 261

Sans pintocher il faudra que je crève,

De vivre à jeun j'entrevois le danger ;

Les mastroquets se sont tous mis en grève

Je voudrais boire et l'on m'offre à manger.

S'il advenait qu'une âme charitable

Put me fournir le prix d'un bon repas,

Je l'consommerais en bon whiskey potable.

J'ai vidé son gousset; il ne m'abreuv'ra pas ! {bis)

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