‹ Poésies diverses; Coups d'aile et coups de becChapitre 90 sur 91 · L'ARMEE DU SALUT · texte numérisé non relu

L'ARMEE DU SALUT

Air : En revenant de la revne.

Nous 8omm' de joyeux salutistes, De ridicul' dignes objets ; Nous nous déguisons en artistes Pour sauver les mauvais sujets.

Afin d'pouvoir manger c'te croûte, Nous faisons du bruit sur la route Et tous les mauvais gai'nements Entend' le son d'nos instruments.

Chacun de nous doit chanter,

Gesticuler, sauter,

Battre la caisse à tour de bras,

Gueuler et fair' des embarras ;

Quand on n'est pas dans l'ton.

Le cornet ù piston,

De ses notes d'airain

•Couvre nos voix et l' tambourin.

l'armée du salut 265

Befrain : — Faux et bruyants,

Nos concerts ennuyants, Pour sauver l'z'incroyants, Font des merveilles.

Dans l'noble but D'prélever un tribut, Nous leur cornons l'salut Dans les oreilles.

Cell' qui n'peuv' pas dev'nir épouse,

Parmi les blond' fill' d'Albion,

Endosseront not' rouge blouse

Et coifferont not* capuchon.

Nous avons peu d'succès en France,

Où l'on s'occupe peu d' Vappat rance.

De nos corps expérimentés.

Où nos concerts sont peu goûtés.

On y traite en paria

LHrombone alléluia;

Les capitaines en jupon

N'y remport' jamais le pompon.

Nos boniments, nos cris

De guerre et nos écrits

Font rire les Français

Sans nous assurer le succès.

Faux et bruyants, Nos concerts ennuyants, Pour sauver l'z'incroyants, Font des merveilles.

266 TERRE-ATERRE

Dans l'noble but, D'prélever un tribut, Nous leur cornons l'salut Dans les oreilles.

Cependant la vieille Angleterre, Où nous logeons notre arrièr'-train, De subjuguer toute la terre, Voit not' général Booth-en-train.

L' Anglo-Saxon nous fait des rentes Et nos cohortes délirantes, Enfourchant le nouveau dada, S'abattent sur le Canada. De sermons bien munis.

Dans les Etats-Unis, Avec un grand bruit de chaudions, Nos troupiers ont fait bien des ronds^

Chez ces peuples bernés.

Nous sommes casernes

Et, pour les dégourdir,

Nous achevons d'ies assourdir.

Faux et bruyants,

Nos concerts ennuyants,

Pour sauver l'z'incroyants

Font des merveilles.

Dans Inoble but

D'prélever un tribut,

Nous leur cornons l'salut

Dans les oreilles.

Montréal, août, 1888,

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