‹ Poésies diverses de Desforges-Maillard;Chapitre 50 sur 83 · I. Horace, épode xv · texte numérisé non relu

I. Horace, épode xv

ijo DesforgeS'Maillard.

Quand tu me prodiguois de si tendres serments, La lune sur nos jeux répandant sa lumière, Néère nous voyoit, par de doux sentiments, Plus unis que Tonneau ne Test avec le lierre.

Tu les as violés, je vais avoir mon tour.

Je sens que pour Chloé déjà mon cœur soupire. Oui, parjure I à tes yeux elle aura mon amour. Jai trop longtemps langui sous ton perfide empire.

Tu me connoîtras mieux, tu chercheras mon cœur Captivé par une autre. Amoureux sans alarmes, Pourrois-je encor t'aimer, toi que plus d'un vainqueur Soumit sans résistance au pouvoir de ses armes ?

Rival, qui de mes maux triomphes fièrement, Enivré de douceurs que l'amour même ignore ; Ah ! cruel, tu te fais un spectacle charmant Du feu qui dans mon âme, hélas ! renaît encore.

Tu verras s'éclipser ces ravissants plaisirs ;

Tes moissons, tes troupeaux, tes talents, ta naissance,

Ce teint pour qui Vénus brûleroit de désirs,

Ne pourront de Néère arrêter l'inconstance.

Quel sera ton tourment d'être alors le sujet De ses honteux dédains, peut-être de sa haine ! Mais pour moi, détaché de ce volage objet.

Quel plaisir à mon cœur d'insulter à ta peine !

Page 1