I. Composée par l'auteur huit jours avant sa mort
96 Poésies de Gilbert,
Mais Dieu t'entend gémir, Dieu vers qui te ramène Un vrai remords, né des douleurs;
Dieu qui pardonne enfin à la nature humaine D'être foible dans les malheurs.
J'éveillerai pour toi la pitié, la justice
De l'incorruptible avenir; Eux-même épureront, par leur long artifice,
Ton honneur qu'ils pensent ternir.
Soyez béni, mon Dieu, vous qui daignez me rendre L'innocence et son noble orgueil ;
Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre, Veillerez près de mon cercueil.
Au banquet de la vie, infortuné convive.
J'apparus un jour, et je meurs :
Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j'arrive. Nul ne viendra verser des pleurs.
Salut, champs que j'aimois, et vous, douce verdure.
Et vous, riant exil des bois !
Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature.
Salut pour la dernière fois* !