‹ Poésies diverses de Gilbert avec une notice bio-bibliographiqueChapitre 35 sur 51 · A MADEMOISELLE ROSALIE · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE ROSALIE

Vous voulez donc toujours m'accuser d'imposture? Plus de ma vive ardeur ma bouche vous assure, Moins votre esprit m'en croit, plus je suis maltraité ! O chère Rosalie, avec tant de beauté, Doit-il être étonnant que vous charmiez une âme ? « C'est avec moins de feu que s'exprime un amant. > Cruelle ! dites mieux ; quand un cœur est de flamme, L'homme ne doit jamais s'exprimer froidement. Mais de vos cruautés je vois la source amère : De peur d'être contraint d'y donner du retour, Souvent de fourberie on accuse l'amour; Et si j'étois aimé, vous me croiriez sincère.

Quand je vous dis, Ces yeux vont droit au cœur, Les Grâces de leurs mains ont formé ce visage, Vous répondez : L'amant est tendre et non flatteur.

I . Cette pièce n'a été publiée par Fauteur que dans la preère édition de son Début poétique.

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Eh bien! vous le voulez, je change de langage ; Écoutez-moi : Ces yeux ne disent jamais rien, Ce teint fade est semblable ù la rose séchée ; Rien ne séduit en vous... Quoi I vous voilà lâchée ! Je vous parois grossierl.., je le prévoyois bien. Dites-moi donc comment je dois parler pour plaire : Peut-on ne pas louer l'objet de son ardeur?

Peut-être, en vous vantant, qu'à vos yeux j'exagère ; Mais je dis moins cncor que n'aperçoit mon cœur.

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