LE CHEVALIER DE BONNARD
A M. DE BOUFFLSKS
TES voyages et tes bons mots, Tes jolis vers et tes chevaux Sont cités par toute la France :
On sait par cœur ces riens charmants Que tu produis avec aisance; Tes pastels frais et ressemblants Peuvent se passer d'indulgence.
Les beaux esprits de notre temps, Quoique s'aimant avec outrance, Troqueroient volontiers, je pense.
Tous leurs drames et leurs romans Pour ton heureuse négligence £t la moitié de tes talents.
Mais, pardonne-moi ma ûanchise.
Ni tes tableaux ni tes écrits
iy> Chevalier de Boufflers,
N'équivalent, à mon avis.
Le tour que tu fis à Téglise. Nos gueiTiers, la ville et la cour, Admirant ta métamorphose.
Battirent des mains tour à tour :
La Gloire en sourit, et TAmour Crut seul y perdre quelque chose.
On a tant célébré Grammont, Son esprit, sa gaîté, ses grâces !
Il revit en toi; tu remplaces Le héros de Saint-Évremont Les ris le suivirent sans cesse.
Et, dans son arrière-saison.
Semèrent des fleurs à foison Comme aujourd'hui sur ta jeunesse.
En vain le Temps, de son poison,.
Voudroit amortir ta saillie.
Tu donnerois à la Raison Tous les grelots de la Folle.
Jouis bien d'un destin si beau.
Brille dans nos camps, à C3rthère.
Sûr de plaire, et toujours nouveau.
Chante les plaisirs et Voltaire; Lis Végèce, Ovide et Folard, Et vois les lauriers du Parnasse, Unis aux palmes de la Thrace, Couvrir ton bonnet de hussard.
Garde ton goût pour leç voyages, Tous les pays en sont jaloux; Et le plus aimable des fous Sera partout chéri des sages.
Ép lires.
Sois plus amoureux que jamais; Peins en courant toutes les belles.
Et sois payé de tes portraits Entre les bras de tes modèles.
: It. DE BOUFFLSRS
Vous Et je
N me l'avoit bien dit, tout flatteur est pervers. Et le miel qu'il distille est un poison caustique ;
£q feignant d'admirer mes vers
Les vôtres en font la critique.
Vos éloges ne m'offrent rien
Dont ma yaaité ne s'attriste;
: louez beaucoup, mais vous louez trop bien,
! sens battu par mon panégyriste.
CONTES
ti
CONTES