DANS UN TEMPLE A L'AMITIÉ
AUX lois du changement elle seule résiste; Soumise à nos destins, sans varier comme eux, Si nous souffrons, elle s'attriste.
Et jouit avec nous si nous sommes heureux.
Du temps qui nous éteint son feu brave l'outrage; Ses yeux, plus indulgents que les yeux des amours, Pardonnent à des traits défigurés par l'âge. Et sa main nous soutient au déclin de nos jours.
I. Les deux vers précédés d'une étoile ne sont pas de l'auteur.
Poésies diverses. o
Pourquoi l'amour est-il donc le poison, Et l'amitié le charme de la vie ?
C'est que l'Amour est fils de la Folie, Et l'Amitié fille de la Raison.
Quel appui trouvons-nous au sortir du berceau ? Qui sait nous consoler sur le bord du tombeau ? C'est toi, douce Amitié, délice de tout âge, Volupté de notre âme et passion du sage ! Amitié ! te faut-il des temples ici-bas ? Et pourquoi tous les cœurs ne t'en servent-ils pas ?
* Bonheur de chaque état, volupté de tout âge. Tu doubles nos plaisirs et tu charmes nos maux; On te doit l'intérêt dans le sein du repos, Et ton temple est voisin de l'humble toit du sage.
Réfléchissons, et nous conviendrons tous Que notre cœur ne fut point fait pour nous.
O toi, d'un cœur sensible espoir ou récompense, Bonheur de tous nos jours, soutien de tous nos pas, Sainte Amitié ! ne souffre pas Que des ingrats nuisent à ta puissance.
C2 Chevalier de Boufflcrs.
En vain pour la matière un esprit fort réclame, L'Amitié nous apprend que nous avons une âme.
* Au bonheur l'Amitié sait joindre le repos; Sa main de nos vieux ans pare encor les ruines Des roses de l'amour arrachant les épines, Elle épure ses biens et répare nos maux.
Les dieux, voulant nous rendre tous heureux, Ont envo)'é l'Amitié sur la terre; Les Passions lui prêtèrent leurs feux, Et la Raison lui prêta sa lumière.
Pour avoir ici-bas le calme au lieu du trouble, Pour voir nos biens portés au double, Et nos maux réduits à moitié,
Au lieu de la Fortune adorons l'Amitié.
VERS
AU PRINCE JÉRÔME BONAPARTE Revenant d'une croisière
SUR le front couronné de ce jeune vainqueur J'admire ce qu'ont fait deux ou trois ans'de guerre ; Je l'avois vu partir ressemblant à sa sœur, Je le vois revenir ressemblant à son frère.