‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 36 sur 98 · SUR SA MAISON EN POLOGNE · texte numérisé non relu

SUR SA MAISON EN POLOGNE

Air : Des fraiset, des fraises.

L'on croit qu'il m'en coûte cher ; Mais sans dépense aucune, Ma maison a fort bon air, Et partout il y fait clair De lune, de lune, de lune.

VERS

Demandés par te prince Henri de Prusse,

qui voulait fêter la naissance de sa sœur, la duchesse

douairière de Brunswick, mère du duc régnant

Air : Je suis Lindov.

CE jour vit naître une sœur qui m'est chère Célébrez-la, chantez-la tous en chœur; Que vos accents partent du fond du cœur, Pour mieux vous mettre à l'unisson d'un frère.

Si l'amitié me tenoit lieu de verve,

Je tenterois quelque chose de plus,

Et de beaux vers, brillants de ses vertus,

Mettroient ma sœur au-dessus de Minerve.

Au sentiment Minerve inaccessible Fit préférer son esprit à son cœur ; En raisonnant tout aussi bien, ma sœur A la raison sut joindre un cœur sensible.

02 Chevalier de Bouffi ers.

Minerve n'eut que son père pour mère, Et le traita parfois avec humeur; Ma sœur encor sent tressaillir son cœur Aux noms si doux d'une mère et d'un père.

' Dans sa sagesse et trop froide et trop fière, Minerve a fui l'hymen avec dédain; De sa sagesse il ne nous reste rien; Ma sœur fut sage, et, qui plus est, fut mère.

Minerve prit d'Ulysse un soin extrême; Mais son héros fut moins brave que fin; Ma sœur a mieux réussi dans le sien ^ : On est plus sûr de ce qu'on fait soi-même.

Ah ! remplissez notre âme tout entière, Heureux accords, fraternels sentiments !

Doux souvenirs du matin de nos ans.

Charmez la sœur pour mieux charmer le frère

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