‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 40 sur 98 · LES MŒURS A LA MODE · texte numérisé non relu

LES MŒURS A LA MODE

CHANSON

Air : Botiscir In jeune fiUe.

E sexe enfin s'éclaire, Il permet de changer :

On peut être léger Sans risquer de déplaire.

Les tendres feux Sont ennuyeux Quand ils sont trop fidèles.

La constance est de mauvais ton Nous n'avons plus de Céladon; Et les dames trouvent fort bon Oue l'on chance comme elles.

Il n'est si douce chaîne Qui ne blesse à la fin :

Ce qui plaît au matin Souvent le soir nous gêne.

Chansons.

Sans liberté La volupté N'est bientôt qu'une peine.

Que parmi nous tout soit commun Plus de tyran, plus d'importun ; Et que chacune et que chacun En aime une douzaine.

COUPLET

Ecrit sur une cocarde de papier attachée au chapeau du baron de Besenval

AMOUR, si tu vois la figure De ce chapeau, Tu vas conformer ta coiffure

A ce chapeau; Mais en vain mon talent s'éprouve

Sur ce chapeau, Je n'ai pas tout l'esprit qu'on trouve Sous ce chapeau.

CHANSON

Air : Un Troubadour héarna.!.

ALLOxXs tous deux vivre ailleurs, Fuyons la cour et la ville; Loin du bruit et des grandeurs Choisissons un humble asile :

Qu'importe notre séjour, Si nous y menons l'Amour ?

Entre ces sauvages monts, Dans ce vallon solitaire, Tous deux nous habiterons Où tu vois cette chaumière :

Qu'importe notre séjour.

Si nous y menons l'Amour ;

Nous entendrons les concerts Des oiseaux du voisinage; Et des sapins toujours verts Nous offriront leur ombrage.

Tout charme dans un séjour Oiî l'on est avec l'Amour.

j^i Chevalier de Boufflers.

Oublions, avec Paris, Luxe, élégance et dorure; Si pour nous l'art a son prix, Il ne vaut pas la nature; Et rien ne vaut un séjour Où l'on est avec l'Amour.

Nos cœurs, dans des nœuds si doux, Béniront notre fortune; Elle suffira pour nous.

Puisqu'elle sera commune.

Rien ne manque en un séjour Où l'on est avec l'Amour.

Ceux qui d'abord nous plaindront De fuir vers ces lieux sauv.iges, Peut-être eux-même envîront Notre chaume et nos bocages ; Ils envîront un séjour Où l'on est avec l'Amour.

Ton bel âge sans mépris Voit approcher ma vieillesse, Et mes cheveux bientôt gris N'effrayent point ta tendresse; Non, jamais de ce séjour Nous ne verrons fuir l'Amour.

COUPLET

Air : Dans un hois solitaire.

DANS les jours de la folie, On jouit sans rien prévoir En avançant dans la vie, Le bonheur n'est qu'un espoir :

La vieillesse encor projette; Mais, avant d'exécuter, L'heure sonne, et l'on regrette Sans avoir à regretter.

COUPLET

Air : Du. haut en bas.

«J E SUIS aime De la bergère que j'adore;

Je suis aimé De l'objet dont je suis charmé :

Fortune, que chacun implore, Que peux-tu me donner encore

Je suis aimé.

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