‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 62 sur 98 · MON REVE · texte numérisé non relu

MON REVE

Air : Avec les jeux dans le village,

JEUjsîE Iris, pourriez-vous bien croire, Ah ! que n'est-ce la vérité !

Ce que tous deux dans l'ombre noire, Tour à tour nous avons été?

Morphée, en fermant ma paupière.

Fit de moi l'acier le plus doux; D'aimant vous étiez une pierre, Et vous m'entraîniez après vous.

Ce dieu, par un doux stratagème, De cet aimant fit un écho; J'étois couplet; je disois^ j'aime.

Et vous me répétiez ce mot.

Par un caprice plus insigne Il me rendit petit poisson :

A mes yeux vous parûtes ligne.

Et je mordis à l'hameçon.

t34 Chevalier de Boufflers.

I.e bon Morphée, à ma prière, M'ayant fait voyager par eau, Vous devîntes une rivière.

Et je vous fis porter bateau.

Le froid prit, vous voilà de glace.

Pour tirer parti de ce tour.

Sur deux semelles je pris place, Et je patinois tout le jour.

Pour dernière métamorphose, Devenu nectar des plus doux, J'étois dans un vase de rose. Iris, et je coulois pour vous.

Une goutte sur vous s'attache, Vous étiez alors tout satin; A mon réveil, j'ai vu la tache, Mais j'ai cherché l'étoffe en vain.

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