IMITATION
d'un fragment de claudien
HEUREUX qui, dans son chanîp demeurant à l'écart. Sans crainte, sans désirs, sans éclat, sans envie, Dans l'uniformité passa toute sa vie, Et que le même toit vit enfant et vieillard !
Jadis il a bondi sur ce même rivage
Où son corps épuisé se repose aujourd'hui ;
Il folâtroit, dans son jeune âge, Sur ce même bâton qui devient son appui.
Non loin de sa demeure est une forêt sombre,, Dont avec sa jeunesse il vit croître le plant : Et ce chêne touffu qui lui prête son ombre Dans ses jeunes mains fut un gland.
Traductions et Imi cations .
A son char vagabond la Fortune légère '
Ne le tint jamais enchaîné :
De climats en climats il ne s'est point traîné Pour chercher le bonheur et trouver la misère.
Son verger pour sa table offre d'assez bon fruit ; Il trouve assez de goût à l'eau de sa fontaine ;
Et même à la ville prochaine La curiosité ne l'a jamais conduit.
L'ouvrage et le repos remplissent ses journées ; De l'histoire de Rome il ne s'informe pas;
Et, pour supputer les années, Il compte les moissons, et non les consulats.
Par les tributs divers que la saison lui donne, Sans le secours d'un livre, il divise les ans; Aux fleurs il connoît le printemps, Et les fruits lui marquent l'automne.
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