‹ Poésies diverses du chevalier de BoufflersChapitre 72 sur 98 · IMITATION · texte numérisé non relu

IMITATION

d'un fragment de claudien

HEUREUX qui, dans son chanîp demeurant à l'écart. Sans crainte, sans désirs, sans éclat, sans envie, Dans l'uniformité passa toute sa vie, Et que le même toit vit enfant et vieillard !

Jadis il a bondi sur ce même rivage

Où son corps épuisé se repose aujourd'hui ;

Il folâtroit, dans son jeune âge, Sur ce même bâton qui devient son appui.

Non loin de sa demeure est une forêt sombre,, Dont avec sa jeunesse il vit croître le plant : Et ce chêne touffu qui lui prête son ombre Dans ses jeunes mains fut un gland.

Traductions et Imi cations .

A son char vagabond la Fortune légère '

Ne le tint jamais enchaîné :

De climats en climats il ne s'est point traîné Pour chercher le bonheur et trouver la misère.

Son verger pour sa table offre d'assez bon fruit ; Il trouve assez de goût à l'eau de sa fontaine ;

Et même à la ville prochaine La curiosité ne l'a jamais conduit.

L'ouvrage et le repos remplissent ses journées ; De l'histoire de Rome il ne s'informe pas;

Et, pour supputer les années, Il compte les moissons, et non les consulats.

Par les tributs divers que la saison lui donne, Sans le secours d'un livre, il divise les ans; Aux fleurs il connoît le printemps, Et les fruits lui marquent l'automne.

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