‹ Poésies diversesChapitre 1 sur 57 · VJ PRÉFACE · texte numérisé non relu

VJ PRÉFACE

Nous ne ferons pas l'éloge des vers de M. Edmond 6éraud.De tous les amis d'un poète, son éditeur est souvent le plus sincère; mais son suffrage est aussi celui dont le lecteur doit le plus se méfier.

Louer des vers, c'est dire achetez->les; et si l'amitié rend indulgent, l'intérêt quelquefois peut rendre partial.

Nous pensons échapper à ce reproche, en ne nous occupant ici que du genre que .M. Edmond Géraud a cru devoir adopter. La véritable élégie n'existe en France que depuis Bertin et Parny ; cependant, malgré la pureté, l'élégance et le cl\arine de leurs vei*s, ces poètes

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n'avoient point imprimé à leurs compositions un caractère vraiment national.

Properce et TibuUe ont été leurs modèles i mais en suivant de trop près la trace des élégiaques latins, le premier surtout reproduit sans cesse, dans ses vers, des formes , des idées , des tableaux trop éloignés de nos mœurs. Souvent il peignit ces moeurs avec des couleurs antiques ; plus souvent il retraça les usages , les croyances mêmes des Romains, et rempli d'une mythologie étrangère , il se montra plutôt imitateur des anciens, que créateur de Pélégie française.

M. Edmond Géraud est un des pre-

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miers qui se soîent écartés <de cette route où tant de j«unes poêles se sont égarés.

Ainsi que l'a très-fcite remarqué M. Humbert, daas use petite brochure pleine de goût y et qui est int^lée : Oimp d^œU ^sur lee poètes éiégiaquesy ce ne -sont pins des naptures et des réconciliations ^ des boudées <it deslMuguieiirs^ que soupire son luUi harmonieux; M. Géraud a cherché dans nos superstitions , dans uosancifennes aufears ^ dans les traditions du moyen âge, des sujetsplus conformes à nos idées. Les vieux châteaux ^ les donjons, les touns gothiques et leurs anciens souvenirs, les sylphes et leurs

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daBses légèrea^ telles sont les mmges ^e ce poète afEectioane et ramène sonrent»

Ses tableaux a'oat riett de fiictice ^ et si notre qualité d^éditeuc nous interdît d'en louer l'ordonnance et le coloris , nous pouvons du moina approuva le choix des €oaleun» et la nature des sujets.

Nous ne teiminerons pas cette préfiice ams pasier de l'espèce d'effiroi qu'a res^ seau M^ Gvëraod en apprenant que ses Ters dévoient être rëimprimësà la suite de ceux de MM, de Lamartine et de Chêne^ dollé. ce Vous ne voyez donc pas , nous » a-t-il dit y tout ce que ce voisinage a » de redoutable pour moi ! Plus l'hon-

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