EDGARD ET LAURENCE
AU temps jadis , par sa vaillance Le noble Edgard fut renommé ; Windsor garde la souvenance De maint preux par lui désarmé.
D*amour il dédaigna les flammes Four chercher la gloire et l'honneur; Et jamais les plus belles dames n'eurent de pouvoir sur son cœur.
Pourtant, un jour que son courage JL avoit conduit dans un tournoi ^ Le guerrier d*un tendre servage Fut bien près de subir la loi.
Les yeux de gente damoiselle Troublèrent le fier chevalier :
Il pàlit ; et soudain loin d'elle Précipita son destrier^
aSa B02AANCES
C'est ainsi qu'il connut Laurence , Trésor dé girace et de taildeilf :
Sur son teint, roses d'innocence BriUoient dans toute leur fraîcheur.
Comtes , barons, de cette belle Se disputoient un seul regard; Mais une lunoureuse ttincelle Embrasa son coHir pour Edfard.
Réduite à l'aimer en silence, On vit bientôt ses traits flétris | Sur son visage, la souffrance.
Hélas 1 110 kUMe que des ^ Pauvre LèèH^ènéé ^ k ton Aiktàtë L'amour të côtidnk à« tàmhéAti !
Tel un souffle br^anidéVorèi Le narcisse , ailtoM dil ^iliSàtiMk
Un jour que son ane abatittC Gédoit au besoin du repos ^
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En songe, d'une voix émue,
Elle laissa tomber ces mots :
« O de lamQur cruel martyre î'
« Faut-il m'éteindre dans les pleurs;
« Et, lorsque je meurs, n'oser dire :
« Edgard, c'est pour toi que je meurs ! 9
Alix, qui veilioit auprès d'elle ^ Entendit ce cri douloureux :
Pleine de tristesse et de zèle, Elle s'en alla vers le preux.
Dans les tours du château gothique Gémissoient les brises du nord ; Et la chouette prophétique De Laurence annonçoit la mort.
^ Ah ! soutenez mon espérance.
Dit Alix au guerrier surpris ; « Des sombres douleurs de Laurence « Le secret enfin m'est appris.
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« Le cœur de la vierge modeste, u En songe , a parlé sans détour.
« Venez; à œtte heure funeste « Pour vous elle eipire d*amoar. »
Cette voix, ce touchant langage, D*Edgard attendrirent le cœur; Soudain , de son noble visage S^enflamme la chaste pâleur.
« Sèche tes pleurs , ange timide, « À tes douces lois je me rends ! »
U a dit; et, dans Tombre humide, D*Alix il suit les pas tremblants.
« Réveille-toi, plauvre Laurence,
Lui dit cet amant adoré ;
« Si j avois connu ta souffrance,
« Tu n aurois pas long^temps pleuré ! »
Mais Laurence est pâle et muette ;
Les pleurs d'Edgard mouiUent sa maiti ;
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Ainsi sur Thumble violette Brillent les larmes du matin.
<( Ah ! lui dit la vierge éperdue, « Que n*ai-je eu le sort de la fleur « Qui naît et qui meurt inconnue, « L'amour n*eùt point flétri mon cceur \ « Du moins pour Laurence mourante « Conserve un tendre sentiment... »
À ces mots, cette ame innocente Aux cieux s*envola doucement.
D*Edgard lame désespérée Ne retrouva plus de repos ; Partout sa raison égarée Voyoit des spectres, des tombeaux.
Le jour, dans les bois les plus sombres Il alloit cacher ses tourments ; Et la nuit , au milieu des ombres , Sa voix la demandoit aux vents.
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Mais enfin , dans un monastère Qui s'élevoil au bord des mers, Il prit le cilice et la haire, Pour dompter ses chagrins amers.
Là , dans la nuit, quand sur la rive Se brisent les flots écumants, Il croit de Laurence plaintive % Entendre les gémissements.
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