ACTE II, SCENE I
Trouve dans ses revers de nouvelles splendeurs , Et n'ait fait seulement que changer de grandeurs.
NËBÉB.
Nadab au doux pardon inclina ses pensées.
ARZANE
« Femmes , vivez , dit-il : nos tribus offensées
« M'ont vainement chargé d'un devoir trop cruel ,
« Et je vais implorer les anciens d'Israël. »
Coré , Sthur , Abiron , dans un conseil propice ,
Firent avec Nadab suspendre mon supplice.
D'un ramas d'affranchis digne législateur ,
Moïse alla chercher quelque oracle menteur.
Resté maître en ce camp , Nadab , qu'un dieu possède ,
De soins officieux incessamment m'obsède :
Il m'aime , et toutefois n'ose me découvrir
Le feu qui le dévore et que j'ai su nourrir.
Aujourd'hui même enfin , par sa bouche informée
De la mort du tyran qui gourmandoit l'armée ,
Ici plus longuement il veut m'entretenir ,
Et de ma délivrance avec moi convenir.
NÉBÉE.
Je conçois maintenant l'espoir qui vous enflamme : Vous êtes adorée , et l'amour dans votre âme.,..
-•»2 moi.se.
ARZANE
Non : je n'ai point trahi mes aïeux , mes revers. Lorsque le sort me livre à ce peuple pervers , Reine , malgré le sort je n'ai point la foiblesse De partager les feux d'un amour qui me blesse 5 Mais je sais écouter des soupirs ennemis , Pour sortir de l'abîme où le ciel nous a mis : De l'odieux Jacob je troublerai la cendre.
NÉBÉE.
Arzane I de l'amour on ne se peut défendre !
ARZANE
Tu te trompes , Nébée , et dans mon sein ce cœur Au nom du peuple juif ne bat que de fureur. Faut-il te rappeler nos discordes antiques , Des deux fils d'Isaac les haines domestiques , Le droit du premier né si follement vendu , Lt l'innocent festin qui perdit Ésaû ?
Nous , d'un prince trahi postérité fidèle , Lorsque nous embrassons une cause si belle , Nous voyons triompher les ignobles drapeaux Du gendre vagabond d'un pâtre de chameaux I
NÉBÉE.
Mais Nadab lui succède.