ACTE II, SCENE V
UNE ABIALÉCITE.
Prenons notre riche ceinture , Nos réseaux les plus fins , nos bagues , nos colliers :
Vengeons aujourd'hui nos guerriers 5
Les remparts et les boucliers Sont vains contre l'Amour dans toute sa parure.
LE CHOEUR
Que dit à son amant , de plaisir transporté ,
Cette prêtresse d'Astarthé Qui voudroit attirer le jeune homme auprès d'elle , Et lui percer le cœur d'une flèche mortelle ?
UNE AMALÉCITE
CUÀIIT DE LA COURTISAHK.
« Beau jeune homme , dit-elle , arrête donc les yeux « Sur la tendre Abigail , que la froideur opprime, « Je viens d'immoler la victime , « Et d'implorer la faveur de nos dieux.
«I Viens , que je sois ta bien-aimée.
« J'ai suspendu ma couche en souvenii* de toi ^
» D'aloës je l'ai parfumée.
« Sur un riche tapis je recevrai mon roi ; • Dans l'albâtre éciatant la lampe est allumée ; « Un bain voluptueux est préparé pour moi.
^70 MOÏSE
« L'époux qu'on a choisi , mais qui n'a pas mon âme , « Est parti ce matin pour ses plants d'oliviers :
«< Il veut écouler ses viviers ,
« Sa vigne ensuite le réclame.
« Il a pris dans sa main son bâton de palmier, <t Et mis deux sicles d'or dans sa large ceinture •, * Il ne reviendra point que de son orbe entier « L'astre des nuits n'ait rempli la mesur*.
"■ Tandis qu'en son champ il vendange , «« Enivrons-nous de nos désirs.
« De tant de jours perdus qu'un jour heureux nous venge; « Il n'est de bon que les plaisirs. »