JOUISSANCE
.Ojviour ! qu'injufbment j'ai blâmé ton empire! Des maux que j'ai fouffert ai-je dû m'offenfer.
Quand tu viens de récompenfer , D'un moment de plaifir un fiecle de martyres ? J'ai fléchi mon Iris après de longs foupirs 3
Ce cher objet de mes defîrs, Cette infenilble Iris, cette Iris fi farouche , Dansmïlleardens baifers vient de plonger mes feuxj Mon ame toute entière a volé fur ma bouche.
J'ai favouré la fraîcheur
De fes lèvres demi-clofès.
Sa bouche avoit la couleur,
Son haleine avoit l'odeur,
Et le doux parfum des rofês.
Je refîentis alors une douce langueur , S'emparer de mes fens St couler dans mon cœur i D'amour & de plaiiîr nos yeux étincelerent; Mon cœur en trefTaillit ; nos efprits s'allumèrent 5 Et livrés l'un & l'autre à nos emportemens , Nous cherchâmes le fort des plus heureux amans»' Sans voix, fans mouvemens , mon Iris éperdue ? Laiflbit mille beautés en proie à mon ardeur. Comme elle oublioit fa rigueur , J'oubliai lors ma retenue 3
iia Poésie à,
Et je me fouvicns feulement 9 Que dans ce bienheureux moment 9 Par un exès d'ardeur nos forces fufpendues \ Nos corps entrelacés , nos âmes confondues , Nous ont laâfles livrés aux plaiflrs les plus doux, Inconnus aux mortels moins amoureux que nous,