‹ Poésies diverses, ou, Recueil de différentes pièces de cet auteurChapitre 31 sur 61 · LE FRERE ET LA SŒUR · texte numérisé non relu

LE FRERE ET LA SŒUR

i-vJLoN cher frère, diioit Sylvie,

Si tu quittois le jeu , que je ferois ravie j

Ne le pourras-tu point abandonner un jour?

Oui, ma fœur , j'en perdrai Tenvie ,

Quand tu ne feras plus l'amour.

Va, méchant, tu joueras tout le tems de ta vie.

Ut.

EPIGRAMME

\J n homme d'une humeur gaillarde * Appelîa quelqu'un maquereau , Qui lui répliqua bien & beau :

Que votre époufe eil babillarde!

n4 Poésies

LE CHAPELIFR.

C 0 TV T Ec

ÏÏiiN Avignon éroit un chapelier, Des mieux tournés , ÔC plus beau cavalier

Qu'on ne peint le dieu de la guerre.

En le voyant femme ne tardoit guère

A fe prendre en fi beau lien.

Une comtefTe en devint amoureufe^

Elle fouhaita d'être heureufe , Ce qui lui fît employer ce moyen :

Elle envoya chercher Montagne 9

Sous mine de faire un ch?peau , A fon mari , le comte d'Oripeau ,

Qui pour lors étoit en campagne.

L'Adonis n'étoit pas (i novice en ce point j Qu'il ne jugeât fort bien que l'aventure

Simplement n'aboutiroit point A prendre d'un chapeau la burlefque mefurej

Auflî , dès qu'il eut vu parler

Les yeux mourans de la comteffe , ïl crut qu'au fait il pourroit droit aller.

Sans bleffer fa délicateffe ; Parquoi tirant du bofquet de Paphos 7

Ce dieu que dédaignoit Saphos ?

Il l'offre aux regards de la belle.

Le compagnon lui plut fi fort , Qu'elle voulut en orner fa chapelle.

La galante n'avoit pas tort.

Le compagnon étant de taille énorme ?

Foula comme il faut le caftor ; La comteffe fournit la coëffe avec la formée Moyennant quoi le mari fut coêfFé

D'un caftor fort bien étoffé.

Quoi ! c'eft-ià tout le ftratagême , Dit un valet , voyant le drôle à i'attelier ?

Ma foi, fans être chapelier 5

J'aurois coëffé monfieur de mêàme.

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