L E S D E^U X AMIS
.OuXiocHUS avec Alcibiades ,
Jeunes, bien faits , galans & vigoureux 9
Par bon accord , comme grands camarades 9
En même nid furent pondre tous deux.
Qu'arriva-t-il? l'un des deux amoureux
Tant bien exploite autour de la donzelle ,
Qu'il en naquit une fille il belle ,
Qu'ils s'en vantoient tous deux également.
Le tems venu que cet objet charmant
Put pratiquer les leçons de fa mère -7
DIVERSES. ïiy
Qhacun des deux en voulut être amant, Plus n'en voulut l'un ni l'autre être père. Frère , dit l'un , ah ! vous ne fauriez faire , Que cet enfant ne foit vous tout craché. Parbleu , dit l'autre , il efl à vous , compère. Je prends fur moi le hafard du péché.
A. o u R éviter l'ardeur du plus grand jour d'été 5 Catin defîus un lit dormoit à demi-nue , Dans un état h* beau qu'elle eût même tenté L'humeur la plus pudique & la plus retenue» Sa jupe permettoit de voir en liberté Ce petit lieu charmant qu'elle cache à la vue , Le centre de l'amour ÔC de la volupté , La caufe du beau feu qui m'enflamme 8c me tue. Va fi fenfible objet, en cette occafion , Banniffant mon refpect 5c ma difcrétion , Me fit foutre à l'inflant cette belle dormeufe, Alors elle s'éveille à cet effort charmant , Et s'écrie auffi tôt : ah, que je fuis heureufe ! Les biens , comme l'on dit , me viennent en dormant.
jiS Poésie