‹ Poésies diverses, ou, Recueil de différentes pièces de cet auteurChapitre 53 sur 61 · L'AVE MARIA · texte numérisé non relu

L'AVE MARIA

JLi^ANS un couvent deux nonnettes gentilles 3 Mais dont Tefprit hrnpie? doux , innocent., Ne connoilfoit que le tour &. les grilles ? Tenoient un jour propos intérelTant De confidence &. d'amitié fort tendre.

DIVERSE S. 2.or

Notez qu'aucun ne pouvoir les entendre ,

L'huis étoit clos. Fillettes de jafer,

De s'appeller ÔC ma chère &: ma bonne 9

De fe donner faintement un baifer ,

D'y revenir fans qu'aucune foupçonne

Que le malin les induit à ce jeu.

Jéfus , ma feeur ? dit la jeune Sophie ,

Qu'on voit en vous les merveilles de Dieu !

Quelle beauté ! vous êtes accomplie :

Que ce bouton de rofe là me plaît !

J'y vois la main de la Toute-PuifTanee.

Et vous, mon cœur, reprit la feeur Confiance,

Peut-on vous voir , £t ne pas l'adorer ?

Tout eft parfait , tout en vous m'édifie.

Lors le pieux examen fur Sophie

Va Ton chemin. On admire ceci,

Et puis cela \ tant que par aventure.

En certain lieu que la folle nature

Fit à pîaifir, l'examen vint auftl.

Pieux élans , obligeamment myftiques 9

Naiffent alors à cet objet frappant.

Ma chère four , l'agréable portique !

Le beau derfein ! qu'il eft fimple & piquant !

Chez vous , ma fœur , lui répliqua Sophie ,

Mêmes appas, mon ame en eft ravie $

Rien de fi beau ne s'offrit à mes yeux.

Vous allez rire , il me prend une envie ?

Ç'eft de favqir un peu qui de nous deux.

A plus petit ce chef-d'œuvre des deux.

C'eft vous, ma fœur; non , ma fœur, je vous jure.

C'eft vous ! eh bien , prenons-en la mefure ,

Notre rofaire eft tout propre à cela.

On y procède. Eh, bon dieu, dit Sophie,

Qui l'auroit cru ? vous l'avez , chère amie ,

Plus grand que moi d'un Ave Maria.

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LES CANTARIDES,

\/OMME fouvent tout s'enfile ici-bas !

Des Bernardins pâturoient en lieu gras , Près de leur clos vivoient des Bernardines. Peignez-vous bien chaque chofe en fon rang \ Un bel étang nourriffoit les béguines ; Certaine haie entouroît cet étang :

Sur cette haie étoîent des cantarides ^ Un vent furvint qui les jeta dans l'eau \ Dans l'eau nageoient des grenouilles avides , Par qui l'efTaim fut croqué bien & beau '7 Grenouilles après fervie au réfectoire , De fa fubftance infecta la nonain ; D'où s'enfuivit l'efclandre qu'on peut croire , Un feu fubtil , & rien moins que divin. Grand carrillon : fi qu'au bruit du toefîn Vinrent 3 non pas les pompes de la ville «

Maïs celles-là du Benoît Bernardin.

Comme fouvent ici-bas tout s'enfile !

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