A MADAME LA COMTESSE DE BELIN
ÉÏRENNES
L'an passé je vous fis étrennes Pour plus de quatre ou cinq bijoux, Vous deviez m'envoyer les miennes, Mais pourtant rien ne vint chez nous.
O vous que partout je renomme, Gardez bien de me traiter comme L'an passé.
Un bijou n'est pas mort d'un homme, Vous deviez l'envoyer soudain ; Et ne mentir pas, car en somme, Mentir est acte trop vilain Pour une dame tant jolie, Envoyez-moi donc, je vous prie, Un bijou.
Chapelet dirai tout à l'heure A votre bonne intention, Car au misérable qui pleure, Dieu donne grande attention :
Mais n'ayant dizain ni dizaine, Envoyez-moi pour mon étrenne Chapelet.
Adieu toute aimable comtesse, Adieu son fils qui n'est qu'esprit, Adieu Suzanne dont l'œil blesse Vieil et jeune, grand et petit ; Adieu Nanon, adieu Marie, Adieu chien d'espagnols qui crie Et nuit et jour comme un vrai fou, Adieu le monsieur qui vous mène, Adieu précepteur loup-garrou ; Adieu César et Bastienne, Adieu.
A MADEMOISELLE DE LANCLOS