‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 117 sur 160 · CXXII · texte numérisé non relu

CXXII

{Meschinot|

lus ne voy riens qui recomfort me donne, Plus dure ung jour que ne me souloit cent,

Plus n’est saeson qu’a nul bien m'abandoune, Plus voy plaisir et mains mon cueur s'en scent, Plus qu'oncques mais mon vouloir bas descent, Plus me souvient de vous et plus m'enpire, Plus quier esbas c’est lors que plus soupire, Plus fait beau temps et plus me vient d'ennuys, Plusne m'atens fors tousjours d’avoir pire, Puys que de vous approcher je ne puys !

[ Plus suis dolant que nuï autre personne, Plus n'ay espoir d'aucun alegement, Plus ay desir crainte d'autre part sonne, Plus vueill aller verz vous mains scey comment, Plus suis espris et plus ay de tourment, Plus pleure et plains et plus pleurer desire, Plus chose n’est qui me saroyt suffire, Plus n’ay repos je hey les jours el nuys, Plus que jamés a douleur me fault duyre, Puvs que de vous approcher je ne puys.

PA

CHARLES D'ORLÉANS

P lus vivre ainssi ne m'est pas chose bonne, Plus vueill mourir et raison s’y assent, Plus qu'a nully Amours de maulx m'ordonne, Plus n’a ma voix bon acort ne assent.

Plus fait on jeus mielx desire estre absent, Plus force n’ay d'endurer tel martire, Plus n'est vivunt homme qui tel maltire, Plus ne cognoes bonnement ou je suis, Plus ne scey brieff que pencer faire ou dire, Puys que de vous approcher je ne puys !

P lus n’ay mestier de jouer ne de rire, [Plus n’est le temps si non de tout despire, Plus cuide avoir de Douceur les apuys Plus suis adonc desplaïsant et plain de ire,

| Puis que de t'ous approcher je ne puis !

HASCUN s’ébat au myeulx mentir,

Et voulentiers je l’aprendoye; Mais maint mal j'en voy advenir, Par quoy savoir ne le vouldroye.

De mantir par deduit ou joye Ou par passe temps ou plaisir, Ce n’est point mal fait, sans faillir, Se faulceté ne s’y employe.

Faulx menteurs puisse l’en couvrir, Sur les montaignes de Savoye, De naige, tant que revenir Ne puissent par chemin ne voye,

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