CHANSONS, XXVII, I — XXX
En desirant que je vous voye, À vostre honneur et mon plaisir, Qui seroit briefment, sans mentir, S’il fust ce que souhaideroye De leal 'cueur, content de joye!] 13
E Mon propos vient a contraire, |p. 263] Certes, je l’ay bien desservy, Car je congnois que j’ay failly Envers ce que devoye plaire. : 4
Mais j'espoire que debonnaire Trouveray sa grace et mercy. | Se mon [propos vient a contraire, | Certes, [je l’ay bien desservy !] S
Je vueil endurer et me taire, Quant cause sui de mon soussy ; Las ! je me sens en tel party Que je ne sçay que pourray faire.
Se mon {propos vient a contraire.] 13
AR le pourchas du regard de mes yeulx,[p. 264] En vous servant, ma tresbelle maistresse, Jay essayé qu'est plaisir et tristesse, Dont j'ay trouvé maint penser ennuieux. 4
Mais de cellui que j’amoye le mieulx, N’ay peu avoir qu'a petite largesse, Par le pourchas [du regard de mes yeulx| En vous [servant, ma tresbelle maistresse !]
Car pour un jour qui m’a esté joyeux, J’ay eu trois moys la fievre de destresse ; Mais Bon Espoir m'a guery de liesse, Qui m'a promis de ses biens gracieux, Par le pourchas [du regard de mes yeulx !! 13
OUR vous moustrer que point ne vous oublie, Comme vostre que suis ou que je soye, {p.265 Presentement ma chançon vous envoye, Or la prenés en gré, je vous en prie. 4
En passant temps, plain de merencolie, L'autr'ier la fis, ainsi que je pensoye, Pour vous |moustrer que point ne vous oublie, ] Comme |vostre que suis ou que je soye.] S
Mon cueur tousjours si vous tient compaignie, Dieu doint que brief vous puisse veoir a joie ! Et, a briefz motz, en ce que je pourroye, À vous m'offre du tout a chiere lye, | Pour vous [moustrer que point ne vous oublie. ; 13
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