‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 138 sur 160 · CHANSONS, XLVI, II — L · texte numérisé non relu

CHANSONS, XLVI, II — L

Vostre bouche dit : Baisiez moy, | Se m'est avis quant la regarde. 8

Dangier me heit, ne sçay pourquoy, Et tousjours Destourbier me darde ; Je prie a Dieu que mal feu l’arde!

Il. fust temps qu’il se tenist coy,

Vostre bouche [dit : Baisiez moy. 13 E ne les prise pas deux blans [p. 289]

Tous les biens qui sont en amer, Car il n’y a que tout amer Et grant foison de faulx semblans. 4 . Pour les maulx qui y sont doublans, Pires que les perilz de mer, Je ne Îles prise pas deux blans!

Tous [les biens qui sont en amer.| 8

Îl1z ne sont a riens ressemblans, Car un jour viennent entamer Le cueur et aprés embasmer :

Ce sont amourettes tremblans, Je ne les {prise par deux blans.! 13

u besoing congnoist on l’amy [p. 290] Qui loyaument aidier desire,

CHARLES D'ORLÉANS

Pour vous je puis bien cecy dire, Car vous ne m'avez pas failly. 4

Mais avez, la vostre mercy, Tant fait qu’il me doit souffire.

Au besoing :congnoist on l’amy Qui [loyaument aidier desire.; 8

Bien brief pense partir decy Pour m'en aler vers vous de tire ; Loisir n'ay pas de vous escrire, Et pource, plus avant ne dy :

Au besoing |congnoist on l’amy.] 13 EL 9 | UYES le trait de doulx regard, ‘p. 287|

Cueur, qui ne vous savez deffendre, Veu qu’estes desarmé et tendre, Nul ne vous doit tenir couard. 4

Vous serés pris, ou tost ou tard, S’Amour le veult bien entreprandre ; Fuvés le {trait de doulx regard, Cueur, {qui ne vous savez deffendre. 8

KRetrayez vous soubz l’estandart De Nonchaloir, sans plus attendre;

S’a Plaisance vous laissiez rendre, Vous estes mort, Dieu vous en gard!

Fuvés {le trait de doulx regard.

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