‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 140 sur 160 · CHANSONS, LIII, 12 — LVI · texte numérisé non relu

CHANSONS, LIII, 12 — LVI

Mesdisans l’ont ouy partir, Dont ilz tiennent leur parlement ; Reprenez |ce larron souspir Qui s’est |emblé soudainement. | 8

Se le meschant eust sçeu saillir Sans noyse, tout priveement, N’en peust chaloir; mais sotement L’a fait: pour ce, l’en fault pugnir.

Reprenez |ce larron souspir ! 13

T eussiez vous, Dangier, cent yeulx :p. 286:

Assis et derriere et devant, Ja n’yrez si prez regardant Que vostre propos en soit mieulx. 4

Éstre ne povez en tous lieux Vous prenez peine pour neant, Et eussiez [vous, Dangier, cent yeulx, Assis [et derriere et devant.| 8

Les fais des amoureux sont telz :

Tousjours vont en assoubtivant.

Jamais ne saurez faire tant Qu’ilz ne vous trompent, se m'’aist Dieux, Et eussiez [vous, Dangier, cent yeulx !! 13

CHARLES D'ORLÉANS

’onc vient ce soleil de Plaisance p.295] Qui ainsi m'esbluyst les yeulz ?

Beauté, Douceur, et encor mieulx Ÿ sont a trop grant abondance. 4

Soudainement luyst par semblance Comme ung escler venant des cieulx.

D'onc vient |ce soleil de Plaisance, Qui ainsi |m'’esbluyst les yeulz ?] 8

Ï1 fait perdre la contenance À toutes gens, jeunes et vielz; N'il n’est eclipse, se m’aist Dieux, Qui de l’obscurcir ait puissance ; D’onc vient {ce soleil de Plaisance? 13

AISSEZ MOYy penser a mon ayse, [p. 296] Helas! donnez m'en le loisir ; Je devise avecques Plaisir, Combien que ma bouche se tayse.

Quant Merencolie mauvaise Me vient maintes fois assaillir, Laissez [moy penser a mon ayse,] Helas! donnez m'en le loisir. | 8

Car affin que mon cuer rapaise, J'appelle Plaisant Souvenir

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