XXXIV FORME DES POÈMES
7, 8, 9 et de 10 vers. L’envoi manque, surtout dans les plus anciennes ballades. Il v a lieu de remarquer que cet envoi était facultatif au temps d’Eustache Deschamps : et que Christine de Pisan : et Jean le Seneschal ; ont composé leurs recueils de ballades suivant ce type archaïque dépourvu d’envoi. |
Chansons. — Les recueils de chansons sont rares au xve siècle. Les chansons de Charles d'Orléans présentent tout à la fois une originalité et en quelque sorte une anomalie qui ne peut s'expliquer que par le goût particulier de l’auteur, le milieu musical où il a passé son enfance, la connaissance singulière qu’il avait de la musique (à cet égard il convient de rappeler l'influence prolongée de Guillaume de Machaut). Si l’on ouvre par exemple l’Art de dictier d’Eustache Deschamps, il est facile de constater qu’il y a distinction nette entre la musique pure et la poésie 4 Sans que la forme des pièces présente aucun rapport de rythme avec les chansons des trouvères, ni même avec celles de Machaut, la chanson de Charles d'Orléans offre un type assez fixe et régulier très proche du rondeau 5 : 3 strophes de 4,4 et 5 vers : ABba/abAB/abbaA — 3 strophes de $, 6 et 6 vers : AABba/aabA AB/aabbaA. Nous avons même lieu de croire que c'est surtout le fait d’être chanté qui différenciait ces chansons des rondeaux 6. Dans tous les cas, Charles d'Orléans avait fait certainement le projet de recueillir la musique qui accompagnait ces pièces, car la place pour l’inscrire avait été réservée dans le ms. O.
Complaintes. — Composition de forme très irrégulière, rappelant parfois le rythme des Lays.
Caroles. — Trois pièces de ce type seulement, plus une en latin, pour célébrer la Noël. Oa reti:ndra ce dernier usage qui est anglais. Le nom de carole ne se rencontre d'ailleurs pas dans les Arts de seconde Rhélorique du xve siècle.