BALLADES, XCI, 19 — XCII
Et que j'acquier leur malvueillance ; Mais, s’il leur plaist me pardonner,
Je leur prometz qu’au par aler,
Quant leur chaleur est refroidie, Ils trouveront que, sans doubter, Ce n’est [fors que plaisant folie.]
Prince, quant un prie d’amer, Se l’autre s’i veult accorder, Il n’y a plus, sans moquerie ; Laissiez les ensemble jouer, Ce n’est fors que plaisant folie !
Orlians a Bourgogne.
EAU frere, je Vous remercie,
Car aidié m’avez grandement;
Et oultre plus, vous certiffe Que j’ay mon fait entierement ;
Il ne me fault plus riens qu’argent
Pour avancer tost mon passage :
Et pour en avoir prestement Mettroye corps et ame en gage!
Ï1 n’a marchant ea Lombardie, S'il m'en prestoit presentement, Que ne fusse, toute ma vie,
Du cueur a son commandement.
Et tant que l'eusse fait content
CHARLES D'ORLÉANS
Demourer vouldroie en servage, Sans espargnier aucunement, [Mettroye] corps et ame en gage.
Car se je suis en ma partie Et oultre la mer franchement, Dieu mercy, point ne me soussie Que n’aye des biens largement.
Et desserviray loyaument À ceulx qui m'ont, de bon courage, Aidié ; sans faillir nullement, [Mettroye] corps et ame en gage.
Qui m’ostera de ce tourment, Il m’achetera plainement, À tousjours més, a heritage :
Tout sien seray, sans changement, [Mettroye! corps et ame en gage!
Orlians a Bourgogne.
OUR CE que Je suis a present Avec la gent vostre ennemie,
Il fault que je face semblant, Faignant que ne vous ayme mye :
Non pour tant, je vous certiffe Et vous pri que vueillez penser Que je seray, toute ma vie, Vostre loyaument, sans faulser.
LA