RONDEAUX, VI, I — IX
Tost, s’Amour s’avise, Sera recouvert
Soubz parler [couvert.] 12 AISSEZ aler ces gorgias, [p. 322]
Chascun yver, a la pippee; Vous verrez comme la gelee Reverdira leurs estomas. 4
Dieu scet s’ilz auront froit aux bras, Par leur manche deschiquetee : | Laissez faler ces gorgias !] 7
Î!z portent petiz soulers gras, À une poulaine embourree ; Froidure fera son entree Par leurs talons nuz par embas :
Laissez aler [ces gorgias !] 12
EU que j'ay tant Amour servy, {p. 325] Ne suis je pas mal guerdonné? |
Du plaisir qu’il m’avoit donné,
Sans cause m'a tost desservy. 4
Mon cuer loyaulment son serf vy, Mais a tort l’a habandonné, Veu que j'ay [tant Amour servy.|] 7
CHARLES D ORLÉANS
Plus ne lui sera asservy ; Pour Dieu, qu’il me soit pardonné, Je croy que suis a ce don né D’avoir mal pour bien desservy, Veu que j'ay [tant Amour servy.;
” Secile
our tant se vous plaignez d'Amours, Il n'est pas temps de vous retraire ; Car encor il vous pourra faire Tel bien que perdrez voz dolours.
Vous congnoissez assez ses tours, Je ne dy pas pour vous desplaire :
Pour tant [se vous plaignez d' Amours, Il n'est pas temps de vous retraire.]
A yez fiance en lui tousjours Et mectez paine de lui plaire Combien que mieulx me voulsist taire, Car vous pensez tout le rebours Pour tant [se vous plaignez d’Amours.]
e vous esliez Comme moy, Las ! vous vous devriez bien plaindre, Car de tous mes maulx le meindre Est plus graut que vostre ennoy.
… Bien vous pourriez, sur ma foy, D’Amours alors vous complaindre, Se vous estiez [comme moy.]