‹ Poésies éditéesChapitre 35 sur 183 · RONDEAUX, XCVII, I — CI · texte numérisé non relu

RONDEAUX, XCVII, I — CI

Plus leslongne, plus d'elle est pres Mon cuer, dont mon povre oeil lermoye; Il n’est point douleur que la moÿye,

Car quant j'ay assez plaint, après [Tamasse ung tresor [de regrés.]

Responce d'Orleans.

’EST une dangereuse espergne D’amasser tresor de regrés ; Qui de son cueur les tient trop pres, Il couvient que mal lui en preigne.

Veu qu’ilz sont si oultre l’enseigne, Non pas assez nuysans, mais tres, C’est une [dangereuse espergne D’amasser tresor de regrés.]

Se je mens, que l’en m’en repreigne; Soient essaiez, puis aprés On saura leurs tourmens segrés ; Qui ne m’en croira, si l’apreigne :

C’est une [dangereuse espergne.]

À Fredet.

E fer est chault, il le fault batre, Vostre fait que savez va bien;

CHARLES D'ORLÉANS

Tout le saurez, sans celer rien, Se venez vers moy vous esbatre.

Ï1 a convenu fort combatre, Mais, s’il vous plaist, parfait le tien :

Le fer est chault, [il le fault batre, Vostre fait que savez va bien.]

Convoitise vouloit rabatre Escharsement et trop du sien ; Mais ung peu j'ay aidié du mien, Qui l’a fait cesser de debatre :

Le fer est chault, [il le fault batre.]

De Fredet.

e regrelle mez dolans jours, Comme cellui la qui tousjours

Ne fait que desirer sa mort ; Car plus vois avant et plus fort Acroissent mez dures doulours.

Quant on me fait d’estranges tours,

Que, mille fois le jour, en plours,

Me fault dire par desconfort :

Je regrette [mez dolans jours.]

En vous seul est tout mon recours, Faitez donc, plus tost que le cours, Cesser le mal que souffre a tort,

Ou autrement je me voy mort, Et tout pour bien servir Amours ; Je regrelte [mez dolans jours.]

Page 1