‹ Poésies éditéesChapitre 37 sur 183 · RONDEAUX, CIV, 9 — CVII · texte numérisé non relu

RONDEAUX, CIV, 9 — CVII

De non avoir leur plaisir a toute heure, Toutevois, Dieu, soubz qui rien ne demeure, A telz servans ne fist onc decevance.

Mains il convient, par contrainte eslevance, Qu’'Onneur, Fortune, ou Amour les avance En quelque endroit, et au besoing secoeure Les serviteurs [submis a l’observance, Quoy que souvent il leur tourne a grevance De non avoir leur plaisir a toute heure.]

De long souffrir en penible estrivance N'aist aux souffrans haulte et riche chevance, Finablement, qui les paye et honneure ; Aprés Paigret treuve on lu doulce meure Qui radoulcist, en leur propre savance,

Les serviteurs [submis a l’observance.]

Vaillant.

es amoureux de l’observance, Je suis le plus subgiet de France, Car je sers d’estre mandien Et cherche le coctidien ; Mais nul en mon sac rien ne lance.

« Aux freres l’aumosne, pour Dieu, »

Tousjours voys criant d’uys en huis :

Las ! Charité ne trouve en lieu, Ne Pitié ne scet qui je suis.

Retourner m'en fault sans pitence, Desir, le proveheur, me tance,

CHARLES D'ORLÉANS

Puis le beau pere gardien :

Pis suis que Boesme n’Yndien ;

L'ordre veil lesser sans doubtance

Des amoureux [de lobservance.]

Vaillant.

uant a moy, je crains le filé

Que d’autres ne craignent mye,

C’est d'avoir Dame sans amye, Qui est ung cas mal compile.

Le fait d'amour est avile, Car Pilié y est endormye.

Quant a moy, [je crains le filé Que d’autres ne craignent mye.]

Puis voy par maint bec affile Faire plus fort que l’arcquemie, Dont, sur mon ame, je fremie Et de paour d’estre aux piez pile, Quant a moy{je crains le filé.]

ELLE que je ne sçay nommer Com a mon gré desireroye,

Ce jour de l’an, de biens et joye Plaise a Dieu de vous estrener.

S'amie vous veuil apeller, Trop simple nom vous bailleroye, Celle [que je ne sçay nomimer Com a mon gré desireroye.]

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