BALLADES, CXVI — CXXII" S6I
dours et les frouvères. On a vu déjà Charles d'Orléans (Ballude C) user de ce motif et dire sa destinée, thème qu’il venait de reprendre (Ballade CXX) en le modifiant. C’est ce dernier que vont développer à leur tour les rimeurs attachés, ou de passage, à la cour de Blois. Ces compositions ont été écrites entre le mois de décembre 1457 et l'année 1460 (P. Champion, Vie de Charles d'Orléans, p. 653). Je crois avoir prouvé qu'un événement réel a suggéré ce thème au duc d'Orléans, car le 15 murs 1457 Jacob Landreni, menuisier, visilait le puits de « l’ostel de monseigneur » ef au mois de mai, après un labeur de trois semaines, il recevait 41. 25.6 d. « pour visiter certain ouvrage et engin que ledit seigneur veut faire au puits du chasteau de Blois pour tirer l’eau plus aisement » ({bid., p. 654). Ce fut pour Charles l’occasion d'un retour sur lui-même : l'eau de son puits, difficile à atteindre, devint le symbole de sa propre vie, de ses désirs peu satisfaits, de tant de contradictions.
CXXIII d. — © 162, O? 30. — J.-M. Bernard s’est demandé s’il ne convenait pas de restituer à François Villon cette forte ballade (Revue d'histoire littéraire de la France, 1908, p. 497-500). Nous la retrouvons parmi les ballades du ms. LIIL de Stockholm. L’ « une et l’autre bande » ne désigne pus forcément la bande des Coquillards : ce mot se disait de toute société ; l’allusion au délai de paver l'amende prouverait plutôt que Villon ne peut être l’auteur de cette pièce, car c’est seulement en 1462 qu'il signa la promesse de rendre les écus volés au collège de Navarre. Mais la ballade est excellente. Cette pièce est écrite de la même : main que la ballade CXXIIIc.
CXXIILE — O 163, O: 30. — Cetle pièce du moins est bien l’œuvre de François Villon dont le nom, coupé par le relieur du XVIIIe s., se lit encore en partie, dans la marge supérieure, Villon ; O? donne la rubrique complète Balade Villon. Dans O le nom est écrit de la mème main que la pièce, et c'est la mème main qui a écrit CXXIIT: ; même encre püle ; la ponctuation est résulièrement marquée par des points. — C’est la meilleure des ballades de cette série ; le v. 34 est particulièrement intéressant : 1l montre que Villon avait déjà été appointé pur le duc.
CXXIIIf. — O 164, O: 30. Même main et mème encre que pour les autre pièces de Villon. — Cette pièce s’éclaire par le rapprochement avec CIV et CIV a ; elle montrerait Villon au courant des pluisanteries du cercle de Blois et ayant feuilleté le livre des poésies du duc, le « saint livre ». Les équivoques et le tour de la pièce sont dignes de Villon. Le V. 12 est a rapprocher de ce vers de Vaillant (B. N., fr.2230, fo 240) :
A ce mur, hau, estes vous sourde.
Le v. 13 omis est ajouté au bas de la page avec un renvoi. CXXUI 8. — O 165, O: 30 vo. Ballade anonyme ; l’auteur parait être du nord de la France.
CXXIII D. — © 166-7, O: 30 vo. Ecriture assez particulière qui ne se retrouve pas ailleurs dans le ms. ; le bas de la p. 167 est resté blanc. Charles d'Orléans. 37
s62 VARIANTES ET NOTES
Montbeton ex face de la str. 1, Robertet en face de la st. 11; de même dans O: Montbeton, de Robertet.
CXXIITi. — O 168, O: 31. Ecriture différente, grosse et carrée. — Par son style celle pièce anonyme se rattache à l’école de Bourgogne. — Au refrain O? a mis partout par ignorance, leçon qui a été admise dans toutes les éditions.
CXXII ;. — O 169, O: 31. Du nom de l’auteur on ne voit plus dans O que la queue de l's ; le nom de Berthault de Villebresme a été rétabli par une main du XVIIIe s. De même dans Où.
CXXIIIk, — M9 O 170-1, O? 31, H 87. Bas de lap. 171 en blanc.
CXXII. — O 172, O: 31 vo, H 87 vo. Le nom de l'auteur rogné en partie dans O est en entier dans O:.
Le débat de la fontaine pourrait étre complété par quelques pièces qui ne se rencontrent pas duns O : cf. M. Sclnvob, Parnasse satyrique du XVe s., p. 96; d'après S, f. 143 0, 8 9.
Voict enfin deux ballades qui se trouvent dans M 76 r° et Où 38 vo:
(de Pierre Chevalier] Tost est deceu cuider d’omme oultrageux, :76 Tost est perdu avoir mal acquesté, Tost est vaincu homme peu couraigeux, T'ost est reprins qui fait deslovaulté, 4 Tost est saoullé a petit degouté, Tost est lassé amy de plaisir faire, . Tost desprison ce qui a chier cousté, Tos est deffait qui autruy veult deffaire. 8
Tost est meschant qui est enclin a jeux,
Tost rènuversé qui est trop hault monté,
Tost est a fol son parler dommageux,
Tost voions nous l’orgueilleux surmonté, 12 Tost dit helas qui se voit tourmenté,
Tost ennuyé ce qu’on ne peut parfaire,
Tost octroïié qui en a voulenté,
Tost est deffait qui autruy veult deffaire. 16
Tost est passé ung plaisir soulageux,
Tost est vilain de mesdire apresté,
Tost est baillé ung mal contagieux,
Tost se tarist jeunesse et beaulté, 20 Tost est pensif qui a necessité,
Tost est paillart qui le veult contrefaire,
Tost vient l’vver, tost se passe l’esté,
Tost est deffait qui autruy veult deffaire. 24