A MON AMI
Hélas I clans ce siècle fatal ,
On trouve encor la concurrence A la porte de l’hôpital.
Mon astre, dit-on, me menace D’y mourir aux dépens du Roi !
Pour elle accorcle-moi la place , Et la survivance, pour moi.
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STANCES
Oavîlv pi cSiï, xàv [j. y) ôsXoi.
Anacréon.
Vivons heureux, la mort est sur nos pas, Que du néant tout ici nous instruise ,
Et la liqueur que notre soif épuise ,
Et le cristal brisé dans nos ébats !
De ce flambeau la lueur passagère Nous dit encor qu’il faut chasser l’ennui : Buvons , amis , tandis qu’il nous éclaire ; Chacun de nous peut mourir avant lui.
STANCES
Que poursuivant des trésors incertains , Le voyageur traîne une vie errante , Dispute aux flots la perle transparente ,
Et les parfums aux sables africains !
L’encens lointain caché dans la Lybie , Vaut-il les fleurs dont se couvrent nos vins Et l’ambre épars aux rives de l’Asie, L’ambre doré qui rit sur les raisins?
Les descendans d’un comte ou d’un baron ,
En char pompeux font voler la poussière;
Le médaillon qui brille a la portière ,
Promène aux yeux l’éclat de leur blason ;
Mais les coursiers gênés par mille entraves , /
Etincelans d’une impuissante ardeur ,
Du frein doré sont cent fois moins esclaves Que nos barons de leur triste grandeur.
Qu’on porte envie au pontife romain ;
Son corps glacé dans la pourpre frissonne ,
STANCES
Son front fléchit sous la triple couronne , Les saintes clefs lassent sa faible main ; L’ennui l’assiège, et la goutte assassine, Rongeant les nœuds de ses doigts inégaux , Va se cacher sous la bague divine ,
Dont la vertu guérit de tous les maux.
Quand l’urne d’or enfermait ses héros ,
Rome honorait leurs ombres consulaires.
Pour leur bâtir des palais funéraires ,
Elle épuisa les marbres de Paros.
Vaine grandeur! les ans, dans leur naufrage, Ont entraîné ces pompeux monumens :
Anacréon n’a laissé qu’une page ,
Qui flotte encor sur l’abîme des tems.
Lisons ses vers , imitons ses plaisirs.
Gais sans transports , délicats sans mollesse , Sur nos besoins réglons notre sagesse ;
En vains projets n’usons point nos désirs.
9e. édition. - 3 2
STANCES
N’immolons pas notre belle jeunesse Au fol espoir d’en prolonger le cours : Enfin, rendons au néant qui nous presse, Des jours remplis plutôt que de longs jours.
IMITATION