‹ Poësies et messéniennesChapitre 7 sur 39 · AAA A AAA AA *A AAA · texte numérisé non relu

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O femme, que veux-tu? — Parthénope, un asile.

— Quel est ton crime? — Aucun. — Qu’as-tu fait? — Des ingrats. — Quels sont tes ennemis ? — Ceux qu’affranchit mon bras;

Hier on m'adorait, aujourd’hui l’on m’exile.

— Comment dois-tu payer mon hospitalité?

9e. édition.

SEPTIEME

— Par des périls d’un jour et des lois éternelles.

— Qui t’osera poursuivre au sein de ma cité?

Des rois. — Quand viendront-ils? — Demain. — De quel côté

De tous... Eh bien! pour moi tes portes s’ouvrent-elles?

— Entre, quel est ton nom?— Je suis la Liberté!

Recevez-la , remparts antiques,

Par elle autrefois habités ;

Au rang de vos divinités Recevez-la , sacrés portiques ;

Levez-vous , ombres héroïques ,

Faites cortège a ses côtés.

Beau ciel Napolitain , rayonne d’alégresse ;

O terre , enfante des soldats ;

Et vous, peuples, chantez ; peuples, c’est la déesse Pour qui mourut Léonidas.

Sa tète a dédaigné les ornemens futiles :

Les siens sont quelques fleurs qui semblent s’entr’ouvrir;

Le sang les fit éclore au pied des Thermopyles :

Deux mille ans n’ont pu les flétrir.

Sa couronne immortelle exhale sur sa trace

MESSE1N IENNE.

Je ne sais quel parfum dont s’enivre l’audace;

Sa voix terrible et douce a des accens vainqueurs,

Qui ne trouvent point de rebelle;

Ses yeux d’un saint amour font palpiter les cœurs ,

Et la vertu seule est plus belle.

Le peuple se demande , autour d’elle arrêté ,

Comment elle a des rois encouru la colère.

« Hélas ! répond cette noble étrangère ,

« Je leur ai dit la vérité.

« Si jamais sous mon nom l’imprudence ou la haine /

« Ebranla leur pouvoir, que je veux contenir,

« Est- ce a moi d’en porter la peine ?

« Est-ce aux Germains a m’en punir?

« Ont-ils donc oublié, ces vaincus de la veille,

« Ces esclaves d’hier , aujourd’hui vos tyrans ,

« Que leurs cris de détresse ont frappé mon oreille ,

« Qu’auprès d’Arminius j’ai marché dans leurs rangs?

« Seule , j’ai rallié leurs peuplades tremblantes ;

« Et , de la Germanie armant les défenseurs ,

« J’ai creusé de mes mains , dans ses neiges sanglantes « Un lit de mort aux oppresseurs.

SEPTIEME

« Vengez-moi , justes Dieux qui voyez mes outrages. « Puisse le souvenir de mes bienfaits passés « Poursuivre ces ingrats , par l’effroi dispersés l « Puissent les fils d’Odin errans sur les nuages ,

« Le front chargé d’orages ,

« La nuit leur apparaître à la lueur des feux ,

« Et puissent les débris des légions romaines ,

« Dont j’ai blanchi leurs plaines ,

« Se lever devant eux !

« Que dis-je ? Rome entière est-elle ensevelie « Dans la poudre de leurs sillons ?

« Mon pied , frappant le sein de l’antique Italie ,

« En fait jaillir des bataillons.

« Rome , ne sens -tu pas , au fond de tes entrailles ,

« S’agiter les froids ossemens « Des guerriers citoyens , que tant de funérailles « Ont couchés sous tes monumens ?

« Génois, brisez vos fers; la mer impatiente « De vous voir secouer un indigne repos ,

« Se gonfle avec orgueil sous la foret flottante ,

« Où vous arborez mes drapeaux.

MESSE N1ENNE

« Veuve des Médicis , renais , noble Florence !

« Préfère a ton repos tes droits que je défends;

« Préfère a l’esclavage , où dorment tes enfans ,

« Ton orageuse indépendance.

« O fille de Neptune, ô Venise, ô cité

« Belle comme Vénus , et qui sortis comme elle

<• De l’écume des flots , surpris de ta beauté ,

« Epouvante Albion d’une splendeur nouvelle.

« Doge , règne en mon nom ; sénat , reconnais -moi ;

« Réveille-toi , Zéno ; Pisani , lève-toi :

« C’est la Liberté qui t’appelle. »

Elle dit : à sa voix s’agite un peuple entier.

Dans la fournaise ardente Je vois blanchir l’acier ;

J’entends le fer crier Sous la lime mordante ;

L’enclume au loin gémit, l’airain sonne, un guerrier Prépare a ce signal sa lance menaçante ,

Un autre son coursier.

Le père chargé d’ans , mais jeune encor d’audace ,

SEPTIEME

Arme son dernier fils , le devance et prend place Au milieu des soldats.

Arrêté par sa sœur, qui rit de sa colère ,

L’enfant dit a sa mère :

Je veux mourir dans les combats.

Que n’auraient-ils pas fait, ceux en qui la vaillance Avait la force pour appui?

Quel homme dans la fuite eût mis son espérance , Et quel homme aurait craint pour lui Cette mort que cherchaient la vieillesse et l’enfance

Ils s’écrièrent tous d’une commune voix :

« Assis sous ton laurier que nous courons défendre « Virgile, prends ta lyre et chante nos exploits;

« Jamais un oppresseur ne foulera ta cendre. »

Ils partirent alors ces peuples belliqueux ,

Et trente jours plus tard, oppresseur et tranquille , Le Germain triomphant s’enivrait avec eux Au pied du laurier de Virgile.

La Liberté fuyait en détournant les yeux ,

Quand Parti) énope la rappelle.

MESSENIENNE.

La déesse un moment s’arrête au haut des cieux;

« Tu m’as trahie ; adieu , dit-elle,

Je pars. — Quoi! pour toujours? — On m’attend. — Dans quel lieu? — En Grèce. — On y suivra tes traces fugitives.

— J’aurai des défenseurs. — Là, comme sur mes rives,

On peut céder au nombre. — Oui, mais on meurt; adieu! »

HUITIEME

9e. édition.

HUITIÈME

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