‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 53 sur 85 · SUR LA FHILIS DB TOUT LE MONDE · texte numérisé non relu

SUR LA FHILIS DB TOUT LE MONDE

NE taille souple et légère A nos rimeurs, Zirphé, ne coûte rien; Et depuis mille ans, tu sais bien Que leur muse a de droit l'empire de C3rthère, Le minois de Vénus, son sourire, ou le tien.

Un essaim de Zéphyrs l'environne sans cesse ; Au moindre mouvement paroît la Volupté ; Paris, en cheveux blancs, vient juger sa beauté ; La pomme échappe, roule, et la voilà déesse!

Faut-il nous crayonner Philis ?

C'est Flore, c'est Hébé que l'on va peindre ensemble ; On sème à pleines mains les roses et les lis. Et l'on fait un portrait, Zirphé, qui te ressemble.

Vieux Zéphyrs, vieux amours, traînez- vous loin de moi! Je bannis et les Jeux, et les Ris, et les Grâces; Je ne veux plus les voir voltiger sur tes traces :

aïo Poésies de Bertin.

Il est si doux d* être seul avec toi !

Je veux bien respecter le trône de verdure Sous des myrtes entrelacés :

Maïs rendons à Vénus son antique parure ; Tu n*as pas besoin de ceinture; Et la pudeur te couvre assez.

Que sur tes épaules d'albâtre Tes tresses flottent, si tu veux :

Je n'entends point qu'un dieu folâtre j

Plus fortuné que moi, caresse tes cheveux.

Zirphé» je suis jaloux d'embellir ce que j'aime : Couronnons ton chapeau de fleurs^ Mais je veux les placer moi-même :

Flore n'en viendra point assortir les couleurs.

Jaime assez, il est vrai, ces Philis étemelles Qui tournent, parmi nous, vingt têtes tous les ans, Qu'on ne trouva jamais cruelles.

Qui sont bien tendres, bien fidèles.

Et, n'existant jamais, ont toujours des amants. Ma Zirphé, par exemple, est un peu plus volage; Et, moins sûr de son cœur, je suis plus alarmé : Mais sa beauté du moins sourit à mon hommage. Je suis content de mon partage, Zirphé respire, et moi, je suis aimé.

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