A UN MYRTE
CROISSEZ, l'honneur de mon bocage, Jeune arbrisseau que j'ai planté :
La déesse de la beauté Attend votre premier feuillage.
Croissez, ô myrte plus chéri Que ces ormeaux qui m'ont vu naître, Un jour, votre rameau fleuri Dans les airs s'étendra peut-être.
Sous votre abri voluptueux, Zirphé veut qu'on lui dresse un trône ; Zirphé vous devra la couronne Qui doit parer ses beaux cheveux.
Que la fraîcheur de votre ombrage Nous plaira sur la fin du jour !
Croissez. Des fleurs l'amant volage Frémit dans les bois d'alentour; Phébus se couche sans nuage; Et si demain un sombre orage
Poésit
de Bel
S'élève et gronde à son retour, Que l'oiseau qui lance )a foudre, En réduisant le chêne en poudre.
Respecte l'arbre de l'Amour !
A MONSIEUR