‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 59 sur 85 · AUX VERS PRÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

AUX VERS PRÉCÉDENTS

QUAND on joint aux feux du printemps Cette fleur d'esprit si brillante, Et cette gaieté pétillante Qui vaut seule tous les talents ; Lorsque Ton fait des vers charmants, Qu'on connoît son siècle et l'usage, Et surtout quand on a vingt ans, On a raison d'être volage; Et, ma foi! soit dit entre nous.

Avec vos grâces et votre âge, Je le serois tout comme vous.

Et, si je pouvois, davantage.

Mais, hélas ! regrets superflus !

Il ne me convient presque plus De voler de belles en belles; Le temps, avec ses doigts crochus.

Commence à me rogner les ailes.

222 Poésies de Berlin.

Par mes vingt-neuf ans averti * Qu'il faut tâcher d'être fidèle, Je prends sagement mon parti, Et même j'y mets tout le zèle Qu'en sa religion nouvelle Apporte un nouveau converti.

Je cherche quelque honnête femme Dont l'esprit sache m'attirer, A qui je puisse croire une âme, Qui me laisse un peu soupirer Avant de se rendre à ma flamme, Et veuille longtemps m'adorer.

Ah ! si je puis la rencontrer, La beauté que mon cœur appelle, (Pardonnez mon jaloux travers Et ma crainte assez naturelle).

Je ne vous mène point chez elle.

Et ne lui montre point vos vers.

I. Le chevalier de Bonnard était né le 2a octobie 1744. L'épître de Berlin, à laquelle il répond, parut dans VAlmanach des Muses de i77$*

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